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Liban

« Le chéhabisme, l’État du citoyen », un colloque à Jounieh pour faire revivre le legs de Fouad Chéhab

La Fondation Fouad Chéhab a organisé samedi à l'École Centrale de Jounieh un colloque ayant pour thème « Le chéhabisme, l'État du citoyen ». Placé sous le patronage du président Michel Sleiman, ce colloque avait essentiellement pour but de faire revivre, plus particulièrement dans le contexte présent et à la veille de l'élection présidentielle, le legs du président Fouad Chéhab qui a été le premier homme d'État libanais à avoir posé, lors de son mandat présidentiel (1958-1964), les jalons d'un État moderne en instituant notamment, pour la première fois dans l'histoire contemporaine du Liban, les organismes étatiques de contrôle – la fonction publique, l'Inspection centrale et la Cour des comptes – et en mettant sur les rails le premier projet de développement global et intégré, dans le sillage de la mission Irfed.
Étaient présents à ce colloque, le ministre Abdel Mouttaleb Hennaoui, représentant le président Sleiman, le député Nehmetallah Abi Nasr, représentant le chef du législatif Nabih Berry, la ministre Alice Chaptini, représentant le chef du gouvernement Tammam Salam, l'ancien président de la Chambre Hussein Husseini, l'ancien député Camille Ziadé, le président de la Fédération des municipalités du Kesrouan-Ftouh, Nouhad Nawfal, et de nombreuses personnalités, des officiers supérieurs et des notables de la région.
Au début de la cérémonie, notre confrère Michel Meaïké a prononcé une allocution dans laquelle il a mis l'accent sur la portée et l'importance du célèbre communiqué publié par le président Chéhab en août 1970, dans lequel il exposait les raisons pour lesquelles il n'envisageait pas de se porter candidat à la présidence de la République, à l'occasion de l'élection présidentielle qui devait avoir lieu cette année-là. M. Meaïké a rappelé que le président disparu avait alors mis le doigt sur la plaie en dénonçant la « crise qui frappait le système politique ». « Il avait souligné qu'il ne pouvait accepter d'assumer les charges de la présidence, car il avait abouti à la conclusion qu'il ne pouvait mettre en place la réforme requise par les voies démocratiques parlementaires » en raison de la crise du système politique dans le pays. « À travers ce communiqué, a affirmé M. Meaïké, le président Chéhab avait lancé, il y a un demi-siècle, un printemps pour le Liban que nous n'avons pas su préserver et développer. »
Le ministre Hennaoui a ensuite prononcé une allocution au nom du président Sleiman, soulignant qu'en 1958 (année marquée par des troubles internes à la suite desquels Fouad Chéhab a été élu président), « le pays était profondément divisé, et les Libanais n'aspiraient qu'à tourner la page des événements (de 1958) et à édifier un État moderne, loin (de la politique) des axes, des attitudes hypothéquées et des allégeances étrangères ». « Telle est la situation des Libanais aujourd'hui à la veille de l'élection présidentielle, a poursuivi M. Hennaoui. Je voudrais rappeler dans ce cadre l'une des phrases les plus importantes prononcées par le président Fouad Chéhab et qui constitue, à mon avis, le remède adéquat aux problèmes du Liban qui s'accumulent. Il avait alors dit : "Nous devons assurer aux Libanais un État des institutions ainsi que des services (publics) qui seraient accordés à tous sur un pied d'égalité, ce qui aura pour effet d'accroître leur sentiment d'appartenance à une identité nationale unique". »
Et M. Hennaoui d'ajouter que « s'il est une leçon que l'on pourrait tirer de l'expérience du président Fouad Chéhab au cours de son mandat, c'est que la bonne volonté du président de la République et la planification adéquate ont besoin, pour atteindre les objectifs nationaux requis, du soutien de toutes les composantes sociales et politiques » du pays.

Baroud et l'État de droit
De son côté, l'ancien ministre Ziyad Baroud a axé son intervention sur la haute portée politique et institutionnelle de l'expérience de Fouad Chéhab, appelant sur ce plan à établir une distinction entre « l'État de la loi » et « l'État de droit ». M. Baroud a souligné que la ligne de conduite de Fouad Chéhab avait pour finalité d'établir « l'État de droit », c'est-à-dire « l'État des droits de l'électeur, du candidat, des générations montantes, des femmes », alors que « l'État de la loi » pourrait avoir des effets néfastes si la loi et si le pouvoir en place ont un caractère répressif et inéquitable.
« Dans l'État de droit, a précisé Ziyad Baroud, les institutions doivent prévaloir sur les personnes. Même Fouad Chéhab, dans toute sa grandeur, a souligné dans son communiqué qu'il n'était pas candidat, qu'il ne déplorait pas les attaques contre lui ou son camp, mais qu'il déplorait plutôt la situation à laquelle étaient parvenues nos institutions (...) et qui ne permettait pas d'effectuer un travail sérieux au plan national. »
Notons que trois tables rondes ont été organisées dans le cadre de ce colloque avec pour thèmes : « La politique étrangère à l'époque chéhabiste et aujourd'hui » (avec comme intervenants Georges Corm et Ziad Hafez, sous la conduite de l'ambassadeur Khalil Mekkaoui) ; « L'État des institutions et la problématique de la modernisation du système » (Ziyad Baroud et Damien Kattar, sous la conduite de Hassan Awada) ; « La vision chéhabiste du développement et les défis du développement » (Boutros Labaki et Charbel Nahas, sous la conduite de Adel Hamieh).
À l'issue du colloque, les personnes présentes ont visité le domicile de Fouad Chéhab actuellement en rénovation en vue de le transformer en musée et en bibliothèque, à l'initiative de l'ordre des moines maronites libanais.

 

La Fondation Fouad Chéhab a organisé samedi à l'École Centrale de Jounieh un colloque ayant pour thème « Le chéhabisme, l'État du citoyen ». Placé sous le patronage du président Michel Sleiman, ce colloque avait essentiellement pour but de faire revivre, plus particulièrement dans le contexte présent et à la veille de l'élection présidentielle, le legs du président Fouad Chéhab qui a été le premier homme d'État libanais à avoir posé, lors de son mandat présidentiel (1958-1964), les jalons d'un État moderne en instituant notamment, pour la première fois dans l'histoire contemporaine du Liban, les organismes étatiques de contrôle – la fonction publique, l'Inspection centrale et la Cour des comptes – et en mettant sur les rails le premier projet de développement global et intégré, dans le sillage de la...
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