Les ministres du nouveau gouvernement français ont sacrifié hier au rituel de la photo de famille, en compagnie de François Hollande. Alain Jocard/AFP
Le nouveau chef du gouvernement français Manuel Valls a imprimé hier sa marque au premier Conseil des ministres de son ère, mais son désir de cohérence devra composer avec le pouvoir discordant des fortes personnalités de son équipe et ses propres différences avec le président François Hollande.
Les 16 ministres du nouveau cabinet, huit femmes et huit hommes, ont sacrifié au rituel de la photo de famille avant de se déclarer, en chœur, « soudés ». Ils seront rejoints par une dizaine de secrétaires d'État, nommés mercredi prochain, et qui seront conviés deux jeudis par mois à une réunion de l'ensemble du gouvernement. « Cohérence, efficacité, rapidité de l'action publique sont les enjeux de cette seconde étape du quinquennat », a déclaré M. Hollande, qui a présidé le Conseil et demandé aux ministres de se rendre sans tarder sur le terrain.
Le nouveau porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll, a également parlé de « seconde étape » du quinquennat illustrée par « un gouvernement compact, une cohérence gouvernementale totale et surtout une volonté de donner aux Français le sens de l'action qui sera conduite avec un objectif : redonner de la confiance ». Le discours de politique générale du Premier ministre, mardi, « fixera les enjeux et les grandes lignes » de la politique gouvernementale et précisera la mise en œuvre du « pacte de responsabilité et de solidarité », a-t-il ajouté. Manuel Valls a obtenu le feu vert du Conseil des ministres pour demander la confiance aux députés.
Le président et le nouveau Premier ministre, deux personnalités très différentes, ont affiché leur complicité en posant pour les photographes à l'intérieur de l'Élysée. « Valls doit faire du Valls. Il ne doit pas faire différemment. S'il est nommé, c'est pour faire ce qu'il sait faire », a dit M. Hollande. Les deux hommes ont opéré ensemble une rupture en demandant à leurs partenaires européens un nouveau délai, le troisième, pour ramener les déficits à 3 % du PIB, un objectif qui devait jusqu'à présent être atteint en 2015. Mais M. Valls, l'homme des transgressions avec ses critiques des 35 heures, a aussi fait montre d'indépendance en recevant jeudi l'homme d'affaires Matthieu Pigasse, banquier de gauche auteur d'un livre en forme de brûlot contre le chef de l'État dont il désapprouve les choix économiques. Le Premier ministre, qui a ouvert les portes d'entrée de l'hôtel de Matignon, désormais visible de la rue, veut aussi révolutionner les prises de décisions, jugées trop lentes et trop complexes sous son prédécesseur Jean-Marc Ayrault.
Toutefois, le nouveau Premier ministre prend ses fonctions sans état de grâce : 41 % des Français seulement déclarent lui faire confiance et 47 % non, selon l'observatoire politique CSA, alors que d'après l'institut Opinion Way, 43 % lui font confiance contre 56 %.
(Sources : agences)


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