Les trois ministres et M. Atef Majdalani, hier, au cours de leur point de presse.
Le ministre de la Santé, Waël Abou Faour, a annoncé hier la formation d'une commission ad hoc, composée des directeurs généraux des ministères de la Santé, de l'Agriculture, de l'Industrie, de l'Économie et de l'Environnement, avec pour mission de déterminer les risques éventuels sur la santé de la population de certaines matières présentes dans des produits de consommation.
La commission a été formée au cours d'une réunion conjointe des ministres de la Santé, de l'Agriculture, Akram Chehayeb, de l'Économie, Alain Hakim, du président de la commission parlementaire de la Santé, Atef Majdalani, et des directeurs généraux des ministères concernés.
Selon les explications de M. Abou Faour, cette commission sera opérationnelle jusqu'à la promulgation de la loi sur la sûreté alimentaire. M. Chehayeb a exposé le parcours de l'affaire de la Natamycin utilisée dans la labné, en prenant soin d'expliquer que cette matière « est effectivement interdite sur base des normes alimentaires libanaises », mais qu'elle est « en réalité un antibiotique naturel et un fongicide utilisé comme préservateur dans l'industrie alimentaire à l'étranger, suivant des règles précises et il n'est pas cancérigène ».
M. Chehayeb a cependant fait état de la présence d'autres préservateurs dans des produits dont des échantillons ont été prélevés et analysés par les départements concernés. « On va s'assurer s'ils sont ou non nuisibles. Les résultats des analyses seront annoncés dès que nous les obtiendrons », a-t-il dit, en insistant, tout comme M. Majdalani, sur la nécessité d'une promulgation de la loi sur la sûreté alimentaire, et sur la mise en place d'un laboratoire central efficace « qui puisse éviter d'envoyer en Suisse les échantillons de produits à analyser ».
M. Hakim a pour sa part promis de « nombreuses initiatives dans les prochains jours, mais dans le cadre de la commission », en assurant que les produits non conformes aux normes alimentaires libanaises ont été retirés du marché et qu'il a été demandé aux compagnies concernées de renouveler leur production de manière à se conformer à ces normes et inscrire sur l'emballage de chaque produit ses ingrédients.

