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Moyen Orient et Monde - Municipales

Hollande face au désaveu de sa politique

Une grande majorité des Français souhaite un remaniement ministériel et le départ de Jean-Marc Ayrault.

Selon un sondage diffusé hier, 69 % des Français désirent le départ du Premier ministre Jean-Marc Ayrault. Thomas Samson/AFP

Le président François Hollande s'est retrouvé hier sous la pression du lourd désaveu de sa politique infligé par les Français au premier tour des élections municipales, d'une abstention record et d'une percée de l'extrême droite antieuropéenne.


En boudant les urnes, avec un taux d'abstention (38,72 %) jamais vu pour ce type de scrutin, les Français ont exprimé leur défiance à l'égard de la gauche au pouvoir, pour ce premier test électoral deux ans après l'élection du président socialiste. Et le grand gagnant du scrutin est le Front national de Marine Le Pen. Le parti d'extrême droite s'impose comme la troisième force politique du pays. Son score parfois très élevé dans les communes où il se présentait lui donne des chances de remporter des villes importantes au second tour comme à Béziers ou Perpignan, une situation inédite depuis 1995.


La gauche, des socialistes à leurs alliés écologistes et au Parti communiste dans l'opposition, a annoncé son rassemblement en vue du second tour, pour faire barrage au FN. Le PS a également décidé de se retirer de certaines villes où il était arrivé derrière la droite et l'extrême droite. La gauche en forte baisse prend une véritable gifle. Selon des résultats non encore définitifs du ministère de l'Intérieur, la droite obtiendrait 46,54 % des voix au premier tour et la gauche 37,74 %. Le FN ne se présentait que dans une minorité de communes, ce qui explique son score de 4,65 %.

 

(Eclairage : Une non-campagne, des enjeux locaux et des répercussions nationales...)


La claque reçue par le PS a relancé les spéculations autour d'un remaniement en profondeur du gouvernement et d'un départ du Premier ministre Jean-Marc Ayrault. Selon un sondage BVA pour L'Express, Orange, France Inter et la presse régionale diffusé hier, les Français sont 79 % à souhaiter un remaniement ministériel et 69 % à désirer un changement de Premier ministre. Ces pourcentages, observés avant que les Français n'aient connaissance du vote sanction pour la gauche au premier tour des municipales, devraient encore s'accroître dans les jours à venir, souligne l'institut de sondage. Mais la porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem, a déclaré qu'elle ne croyait pas à un « changement » de politique du gouvernement. « Je crois au contraire que ce qui fera la force de ce gouvernement, c'est de tenir le cap », a-t-elle dit.


Bien que bousculée par le FN dans certaines villes, la droite (UMP et ses alliés centristes) bénéficie globalement du mécontentement. Pour son président Jean-François Copé, réélu triomphalement à Meaux, le grand parti de droite « est en train de renaître après deux années difficiles ». L'UMP a d'ores et déjà annoncé son refus de retirer ses candidats en faveur d'un socialiste mieux placé pour empêcher l'élection d'un maire FN.


Maigre consolation pour la gauche : à Paris, la candidate socialiste Anne Hidalgo semble en position de gagner au second tour. Mais elle est distancée au premier tour par la candidate de l'UMP, Nathalie Kosciusko-Morizet (34,4 % contre 35,64 %). Et deux ministres sauvent l'honneur : les listes où figuraient Laurent Fabius (Affaires étrangères) et Michel Sapin (Travail) l'ont emporté haut la main.

 

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