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Lifestyle - Nostalgie

À Beyrouth, un cinéma éphémère en hommage au Vendôme

Une initiative du « Kino project ».

Lors de la projection organisée à Mar Mikhaël, mardi soir.

Mardi soir, à Beyrouth, un cinéma éphémère a fait salle comble. Un cinéma monté en plein air sur la terrasse d'une maison d'hôtes, « BEYt », à Mar Mikhaël. Pour un soir, les amoureux du grand écran, les nostalgiques des cinémas beyrouthins ou simplement les passants en quête de convivialité, ont rendu hommage, en se faisant plaisir, au cinéma Vendôme, cette salle située rue du Fleuve, fermée il y a plus d'une dizaine d'années avant d'être rasée.


Le temps d'une soirée, ce fut la renaissance du Vendôme grâce au « Kino Vendôme Salle 2 », le projet de deux artistes : un Libanais, connu sous le pseudonyme Siska, et son épouse allemande, Franziska Pierwoss.
Deux heures durant, Siska a projeté sur une toile blanche tendue sur la grande terrasse de « BEYt » des films d'artistes ou amateurs, d'ici ou d'ailleurs, récents ou bien vieux, à un public attentif.
Cogérant de « BEYt », Abdallah al-Machnouk ne cache pas son bonheur. « Tout s'est fait très vite, nous avons profité de notre emplacement à proximité de l'ancien cinéma Vendôme et du passage de Siska à Beyrouth », explique-t-il à L'Orient-Le Jour.


Les films choisis évoquent le thème des villes et leurs histoires. Au programme, entre autres, un Chaplin en format 8 mm, des vidéos plus récentes en mini-DV, et, surtout, des films amateurs datant des années 70, 60 et 50 en format 8 mm ou 16 mm. L'un des films montre des voitures de sport sur un circuit dans les années 50, un autre suit un voyageur, aux États-Unis, en Grèce...


« Kino Vendôme Salle 2 » s'inscrit dans le cadre plus large de « Kino Project » (Kino signifie cinéma en allemand), un projet lancé par Siska et Franziska en 2009 à Beyrouth. « Il fut un temps où existait au Liban une grosse industrie cinématographique. Mais beaucoup de salles de cinéma sont devenues des cinémas pornos, des magasins, des supermarchés, ou ont complètement disparu », explique la jeune femme. Selon Siska, ancien étudiant de l'ALBA, « c'est la guerre qui a fait disparaître ces salles. Au bon vieux temps, les Libanais ouvraient des cinémas comme l'on ouvre des bars aujourd'hui ».
« Nous passons beaucoup de temps à choisir les films, explique Franziska. Nos interlocuteurs sont souvent des personnes d'un certain âge, car nous cherchons de vieux films amateurs. Et il faut les convaincre de nous les prêter ! »


Pour la soirée « Kino Vendôme Salle 2 », les organisateurs ont voulu recréer l'ambiance d'un vrai cinéma avec tickets vendus à l'entrée – 1 000 LL, « un prix symbolique et abordable », note Siska, pop-corn, boissons et sandwichs faits maison au bar. « Nous voulions que ces films amateurs, jamais projetés en public, soient présentés, ce soir, dans une véritable situation de cinéma », explique Franziska.
« Kino Project » est né dans la maison de Siska et Franziska, à Mar Mikhaël. « En 2009, pendant trois jours, nous avons fait une projection sur la terrasse où nous avions placé quelques lettres de "The Vendôme" en néon, raconte Franziska. Nous avons choisi ce cinéma, parce qu'il était tout proche de nous et que mon mari y avait vu plusieurs films. Moi, j'en ai juste visité les ruines. »
À l'époque, le couple avait demandé à tous ses amis, artistes ou non, de leur prêter des films en format 8 et 16 mm. « Tout le monde a coopéré, nous avons découvert des films très intéressants comme celui d'un Palestinien qui a filmé la vie quotidienne d'un camp et les enfants qui y jouent », dit la jeune artiste.


« Kino Project » est devenu un cinéma itinérant, monté durant quelques jours dans une ville où il s'approprie le nom d'un cinéma fermé, démoli ou transformé. Le « Kino Project » est passé par Naples, Varsovie, Zurich où il a refait vivre, le temps de quelques soirées, des salles disparues. « Nous choisissons des villes qui ont vécu une situation de crise et où le cinéma a été touché », explique Siska.
Pourquoi s'être lancé dans cette aventure ? « Je fais ça pour le cinéma et pour les gens, explique Siska, jeune réalisateur lui-même. Le cinéma est pour les gens. »

 

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