L'agence de notation Standard & Poor's (S&P) a classé le Liban 15e pays le plus vulnérable aux sorties de capitaux parmi 38 marchés émergents, 7e le plus exposé parmi 20 pays à revenus moyens-supérieurs (PRMS), mais économie la moins exposée aux fuites de capitaux parmi trois pays arabes inclus dans l'étude.
Selon le Lebanon This Week qui cite le rapport, l'agence de notation utilise trois indicateurs pour évaluer les différents risques relatifs aux liquidités externes : les besoins externes bruts d'un pays donné comme pourcentage de la somme de ses recettes courantes et de ses réserves de change ; sa dette externe sur le court terme par échéances et comme pourcentage des réserves officielles de changes ainsi que le compte courant combinés à l'équilibre budgétaire comme part du PIB.
Standard & Poor's a ainsi évalué les besoins de financements externes bruts du Liban à 89 % des recettes du compte courant et de ses réserves disponibles en 2014. L'agence de notation définit les besoins de financements externes d'un pays comme la somme des paiements courants et de la dette externe à court terme et par échéances, incluant les dépôts bancaires des non-résidents.
S&P a indiqué que cet indicateur mesurait le niveau de liquidités externes d'un pays donné en prenant en compte l'ensemble des entrées et sorties de capitaux transfrontalières.
Toujours selon les mêmes sources, les besoins de financements externes du Liban seraient ainsi les 13es moins importants parmi 38 marchés émergents inclus dans l'étude de l'agence de notation, l'économie la moins exposée aux fuites de capitaux parmi trois pays arabes inclus dans l'étude et la 8e moins élevée parmi 20 PRMS.
Dans le monde, le ratio besoin de financements externes du Liban sur recettes courantes et réserves de changes est plus élevé que celui du Vietnam (88 %), du Mexique et de l'Argentine (85 % chacun), mais inférieur à ceux de la Pologne (92 %), du Venezuela et de la Roumanie (90 % chacun).
Les besoins de financements externes du Liban sont en outre plus importants que ceux de la Thaïlande (76 %), du Pérou (72 %), de l'Angola (65 %), du Brésil (64 %) et de la Chine (52 %) parmi les pays à revenus dits « moyen-supérieurs ». Dans la région, les besoins en financements externes du Liban sont moins importants que ceux de l'Égypte et du Maroc (avec un ratio de 106 % chacun).
En parallèle, Standard & Poor's a estimé que la dette externe du Liban sur le court terme devrait se maintenir à une maturité de 75 % des réserves en devises disponibles. Selon l'agence de notation, « un stock important de créances à court terme et à échéance rendrait l'économie plus vulnérable à un arrêt soudain des flux de capitaux entrants, et ce en particulier si les réserves en devises de la Banque du Liban (BDL) sont insuffisantes ».
La dette externe du Liban sur le court terme et à échéance arrive ainsi à la 20e place du classement de S&P parmi les 38 pays émergents inclus dans l'étude.


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