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Nos lecteurs ont la parole - Salim F. Dahdah

Pourquoi pas une Résistance paramilitaire au sein de l’armée ?

Depuis 2005 le Liban subit une succession de diktats insupportables et de chantages interminables qui prennent en otage le peuple libanais et toutes ses institutions. Le parrain et le pourvoyeur de fonds de cette entreprise est, depuis 1982, la République islamique d'Iran, les conseillers technique et militaire sont les «Gardiens de la Révolution iranienne», le principal allié politique régional est le régime alaouite de Syrie et l'acteur et exécutant exclusif de ces tristes actions est malheureusement un parti libanais dont les adhérents représentent l'une des principales composantes nationales de la mosaïque sociopolitique du Liban de 1943, en l'occurrence le Hezbollah.
Au lendemain de la guerre de 1975, ce mouvement apparaît et se fait remarquer à différentes occasions, principalement lors de sa participation auprès des autorités libanaises, de la résistance chrétienne et des forces spéciales syriennes, dans les affrontements qui avaient mis tous ces derniers aux prises avec des éléments armés de la résistance palestinienne qui commettaient des exactions graves sur le territoire national mettant en danger la paix civile, et ensuite au travers d'actions militaires éparses entreprises contre l'ennemi israélien et ses alliés occidentaux. Après sa création officielle en 1982, il est largement pris en charge par la République islamique d'Iran qui finance à grands frais son infrastructure humaine et militaire contre sa vassalité et son appartenance quasi totale et exclusive à l'axe stratégique irano-syrien. Profitant alors du récent label de «résistant» qu'il s'est attribué exclusivement au travers de certaines opérations militaires à la frontière sud du pays et sur la scène politique intérieure, et grâce surtout à une vaste campagne médiatique nationale et régionale parfaitement orchestrée, ses parrains lui assument un double rôle:
– neutraliser au Liban l'État et les institutions, et y bloquer tout ce qui pourrait ralentir ou altérer les objectifs régionaux de l'axe susmentionné durant la période de leur exécution;
– être disponible et se préparer à prêter main forte, militairement ou politiquement, au régime en Syrie, pour réaliser lesdits objectifs géostratégiques et économiques poursuivis par ce même axe et par ses alliés régionaux où internationaux (directs où objectifs).
Le parti de Dieu, parfaitement encadré et géré magistralement par le très charismatique sayyed Hassan, donne entière satisfaction à sa famille politique régionale. Mais là où le bât blesse, c'est sa relation avec ses partenaires libanais qui auraient souhaité le voir mettre sa magie et son savoir-faire politique à la disposition exclusive de la nation libanaise.
Depuis l'apparition de ce dilemme, le Liban de 1943 vit une crise existentielle profonde et prolongée. Les institutions et tout le peuple, sans distinction de religion, de région ou de parti, sont à bout de souffle. Dans la conjoncture régionale incertaine que traverse le pays et au moment où les circonstances constitutionnelles nationales offrent, à l'occasion de la prochaine élection présidentielle, une chance de changement et une étape nouvelle en vue pour sortir du tunnel qui plombait jusqu'aujourd'hui l'avenir de nos enfants, nous assistons de nouveau à ce bras de fer entrepris par le Hezbollah envers et contre tous les Libanais. Le désaccord est reparu au moment de la discussion du contenu de la déclaration ministérielle du nouveau gouvernement. Il porte sur l'utilisation exclusive de ce sésame, à savoir la «Résistance» et l'obligation de la laisser hors de l'autorité de l'État, sous le seul étendard du parti de Dieu. Ce dernier n'entend pas s'en départir pour assurer sa liberté d'action, pouvoir continuer à rester maître du jeu sur la scène politique interne et surtout honorer son rôle dans l'axe irano-syrien. Il considère qu'il maintiendra cette situation en l'état malgré toutes les oppositions, car il sait qu'il a les moyens logistiques pour l'imposer. Face donc au refus du Hezb d'accepter le retour de la Résistance sous l'autorité des institutions nationales et aux autres composantes de la nation de se plier à cette condition, les responsables de l'État doivent trancher quelles qu'en soient les conséquences sur le terrain. La question élémentaire et presque naïve qui vient alors à l'esprit de tout observateur est celle de savoir pourquoi les responsables politiques ne se décident pas à créer tout simplement au sein de l'armée libanaise une formation paramilitaire, une Résistance nationale et à inviter tous les citoyens et partis politiques qui le désirent à s'y joindre et, éventuellement, à l'intégrer, cette invitation englobant bien entendu tous les résistants appartenant au Hezbollah qui le souhaiteraient. Une telle décision devient dans ces circonstances une obligation et un devoir, car elle permettrait de sauver la République de sa dilution et conforterait de façon irréversible les principes suivants qui sont constitutifs de son existence et de sa perduration:
1 - elle fait preuve de souveraineté et d'indépendance nationale;
2 - elle est tout à fait légitime et non négociable;
3 - elle calme le jeu et les divisions politiques internes;
4 - elle reprend l'initiative politique et militaire, et neutralise toutes les velléités de blocage du pouvoir de l'État et revitalise la santé des
institutions;
5 - elle redonne à l'État son rôle de seul et unique décideur de la politique intérieure et étrangère de la nation.
Pour toutes ces raisons, et surtout pour permettre au prochain président de la République de gouverner en toute quiétude et sérénité, une telle suggestion s'impose aujourd'hui, car le sujet du désaccord susmentionné est ouvert et risque, s'il n'est pas résolu avec sagesse et fermeté, de mettre l'entité libanaise sérieusement en danger.

 

Depuis 2005 le Liban subit une succession de diktats insupportables et de chantages interminables qui prennent en otage le peuple libanais et toutes ses institutions. Le parrain et le pourvoyeur de fonds de cette entreprise est, depuis 1982, la République islamique d'Iran, les conseillers technique et militaire sont les «Gardiens de la Révolution iranienne», le principal allié politique régional est le régime alaouite de Syrie et l'acteur et exécutant exclusif de ces tristes actions est malheureusement un parti libanais dont les adhérents représentent l'une des principales composantes nationales de la mosaïque sociopolitique du Liban de 1943, en l'occurrence le Hezbollah.Au lendemain de la guerre de 1975, ce mouvement apparaît et se fait remarquer à différentes occasions, principalement lors de sa participation auprès des...
commentaires (3)

UNE PROPOSITION QUI POURRAIT DÉSINTÉGRER L'ARMÉE. L'ARMÉE EN ELLE MÊME SUFFIT SI IL Y A DÉCISION POLITIQUE... ET C'EST DE LÀ QUE LE BÂT BLESSE !

La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

14 h 48, le 18 mars 2014

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Commentaires (3)

  • UNE PROPOSITION QUI POURRAIT DÉSINTÉGRER L'ARMÉE. L'ARMÉE EN ELLE MÊME SUFFIT SI IL Y A DÉCISION POLITIQUE... ET C'EST DE LÀ QUE LE BÂT BLESSE !

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    14 h 48, le 18 mars 2014

  • Mr Salim F. Dahdah , j'ai à peine commencé à lire votre article en me disant , tiens ça devrait être intéressant une question de ce genre , mais au bout de la 4eme ligne , j'ai arrêté de lire et je vous réponds illico que si vous faites partir "l'erreur" selon votre conception ,de l'implication des gardiens de la révolution iranienne à partir de 1982 , période noire de l'occupation ravageuse d'israel, vous avez tout faux pour le reste de votre analyse . Comment pouvez vous commencer de la sorte ? vous auriez dit à partir de la débandade sioniste de notre pays ( enfin je suppose que c'est aussi le votre dans sa partie sud ) en 2000 , j'aurai plus apprécié , mais reprocher à une force étrangère de nous avoir aidé à nous libérer du joug implacable d'israel , voyez les palestiniens en ce moment et l'humiliation dans le déshonneur de pouvoir libérer un pouce de leur territoire légitime , c'était comme accepter le poignard que vous donnez dans le dos des libanais. Que vous me publiez ou pas , l'essentiel est pour moi que vous , personnellement vous me lisiez . Et si je ne salue nullement votre article acceptez mes salutations peu empressées.

    FRIK-A-FRAK

    13 h 31, le 18 mars 2014

  • "Pourquoi les responsables ne se décident pas à créer au sein de l'armée 1 formation paramilitaire, et à inviter tous les citoyens et partis politiques qui le désirent à s'y joindre et, éventuellement, à l'intégrer, cette invitation englobant bien entendu ce hézébbb." ! Oui, c'est c'la ! Ce sera le jour où les "loups" Per(s)cés n'auront plus de dents !

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    09 h 39, le 18 mars 2014

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