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Culture - Festival Du Conte

Elle, lui... et des contes de faits

L'une conte avec des yeux hypnotisants et ardents, l'autre raconte éloquemment avec tout son corps. Halima Hamdane du Maroc et Hassane Kouyaté du Burkina Faso ont déversé un savoir millénaire sur un public qui en est sorti tout sourires.

Halima Hamdane et Hassane Kouyaté créent des fables par les images.

Les cryptiotes (ces fidèles de la crypte de l'USJ, rue Monnot, qui viennent se délecter des soirées du Festival du conte et du monodrame) sont en effet choyés en cette 15e édition dédiée à la femme. Après une première soirée réussie, animée par la Cubaine Coralie Rodriguez et le directeur artistique du festival Jihad Darwich, Halima Hamdane du Maroc et Hassane Kouyaté du Burkina Faso ont emmené l'assistance en terre d'Afrique à travers des histoires savoureuses et drôles.
Elle et lui sont revenus à la tradition orale la plus ancienne, cette tradition où chaque conte est plein de bon sens et se conclut par un happy end, avec leçons de morale à la clé.
Halima Hamdane, turban bleu turquoise et abaya assortie, passeuse de contes, comme elle se designe, puise dans le répertoire traditionnel marocain et tisse autour ses broderies colorées de son vécu, de sa sensibilité.
Née au Maroc où elle a fait des études de lettres, Hamdane s'est installée en France en 1986. Une rencontre, avec le conteur Henri Gougaud, va la réconcilier à la fois avec le conte et sa langue maternelle. Elle raconte en arabe et en français, et puise dans la littérature orale marocaine la majorité des histoires qu'elle raconte. Qui commencent toutes par «kan ya ma kan...». «Formulette magique qui rassemblait tous les enfants de la maison autour de la grand-mère. J'ai gardé ces trésors et toutes les émotions qu'ils éveillaient en moi dans la mémoire de mon cœur... Ma grand-mère n'a pas consigné ses histoires, elle ne savait ni lire ni écrire. Mes contes perpétuent cette tradition que la langue de ma mère sous-tend. Elle surgit parfois au détour d'une image ou s'impose comme voix, seule capable d'évoquer ce que l'on ne dit pas», affirme la femme aux yeux de braise qui a conté ce soir-là La Pomme de grossesse, Ali le chanceux et La Rose bleue.
Également auteure, Halima Hamdane vient de signer, après Sarraounia en 2002 et Laissez-moi parler en 2006, un tout nouveau livre-disque : Mahboul le sage et autres contes marocains. Avec cet opus, illustré par Nathalie Novi, l'écrivaine et conteuse marocaine inaugure la nouvelle collection Contes et voix du monde des éditions Didier Jeunesse. Elle y plonge les petits auditeurs dans l'univers de la tradition marocaine orale...

Paroles drôles d'Afrique
Conteur, comédien, musicien, danseur et metteur en scène, Hassane Kassi Kouyaté est né au Burkina Faso dans une famille de griots. Il dit avoir retenu de l'héritage traditionnel l'essence de la fonction, l'art du geste, la maîtrise du temps, et c'est après avoir joué dans plusieurs compagnies africaines qu'il a décidé d'aborder le théâtre européen. Aujourd'hui il partage sa vie entre Paris et Bobo Dioulasso où il dirige le Centre international de recherche culturelle et artistique, un espace culturel situé dans un quartier populaire où il invite conteurs, acteurs et musiciens du monde entier à participer au Festival international du conte et à partager les activités de son association, Djeliya, en direction des enfants défavorisés. Il dirige également le festival Yeleen, festival international de contes, ainsi que la compagnie Deux temps, trois mouvements.
Croisant son savoir bâti en Afrique avec son expérience en France, le talentueux et sympathique personnage raconte des récits initiatiques pleins d'humour et de sagesse tout en interagissant avec le public. Improvisant selon son humeur et celle du public, il a les formules, les répliques, les mimiques et les gestes qui touchent dans le mille, provoquant maintes fois le fou rire.
Rappelons qu'en préambule aux conteurs professionnels, des jeunes pousses venant des quatre coins du pays s'essaient à cet art. Sur scène ce soir-là, Carl Kozah, Nour Assaf, Stéphanie Homsani, Yasmine Chakif et Perla Hakim.

*Ce soir, à 19h30, l'occasion de rattraper Halima Hamdane et Coralia Rodriguez, demain, c'est Nathalie Leboucher et Hassane Kouyaté qui se feront face pour clôturer le 16 mars avec le concours des menteurs.

Les cryptiotes (ces fidèles de la crypte de l'USJ, rue Monnot, qui viennent se délecter des soirées du Festival du conte et du monodrame) sont en effet choyés en cette 15e édition dédiée à la femme. Après une première soirée réussie, animée par la Cubaine Coralie Rodriguez et le directeur artistique du festival Jihad Darwich, Halima Hamdane du Maroc et Hassane Kouyaté du Burkina Faso ont emmené l'assistance en terre d'Afrique à travers des histoires savoureuses et drôles.Elle et lui sont revenus à la tradition orale la plus ancienne, cette tradition où chaque conte est plein de bon sens et se conclut par un happy end, avec leçons de morale à la clé.Halima Hamdane, turban bleu turquoise et abaya assortie, passeuse de contes, comme elle se designe, puise dans le répertoire traditionnel marocain et tisse autour ses...
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