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Moyen Orient et Monde - Ukraine

Les soldats russes débarquent en Crimée

Plus de 2 000 éléments armés ont été aérotransportés à Simféropol ; Washington met en garde Moscou : toute intervention aura un « coût ».

Dans la petite péninsule russophone qui semble de plus en plus échapper au contrôle des autorités centrales de Kiev, des hommes armés, casqués et, pour certains, le visage à moitié caché par une cagoule étaient présents hier sur plusieurs sites stratégiques de sa capitale, Simféropol. Viktor Drachev/AFP

La Crimée a subi hier une « invasion armée », avec plus de 2 000 soldats russes aérotransportés à Simféropol, capitale de cette république autonome du sud de l'Ukraine, qui abrite aussi la flotte russe de la mer Noire, a déclaré un haut responsable ukrainien. « L'espace aérien (en Crimée) est fermé en raison du grand nombre d'atterrissages d'avions et d'hélicoptères russes », a déclaré le représentant du président ukrainien en Crimée, Serguiï Kounitsyne, à la chaîne de télévision ART.

Des témoins ont également signalé hier soir des mouvements de véhicules militaires sur la route entre Sébastopol et Simféropol, à bord de transports blindés non identifiés, ainsi que l'atterrissage de plusieurs
avions-cargos militaires dans un aéroport militaire près de Simféropol. L'Ukraine a alors dénoncé la violation de son espace aérien par la Russie et demandé le retour immédiat des éléments concernés dans leurs bases, dans un communiqué publié sur le site du ministère des Affaires étrangères, qui dénonce le non-respect de l'accord conclu en 1997 entre Kiev et Moscou.

Depuis Washington, le président américain Barack Obama est intervenu expressément pour mettre en garde la Russie : toute intervention en Ukraine aura un « coût ».
Le président ukrainien par intérim Olexandre Tourtchinov a pour sa part demandé au président russe Vladimir Poutine « d'arrêter immédiatement son agression non dissimulée et de retirer ses militaires de Crimée », dans une intervention télévisée. Il a dénoncé une provocation de Moscou : « On provoque le conflit et ensuite on annexe le territoire. »

(Pour mémoire : Les Ukrainiens découvrent, bouche bée, le train de vie luxueux de leur ex-président)

 

Au téléphone avec l'Occident
Comble du cynisme, le président russe avait rompu quelques heures plus tôt son long silence sur les derniers événements en Ukraine en appelant à éviter « une escalade de la violence ». « Il est indispensable de parvenir le plus vite possible à une normalisation de la situation » en Ukraine, a déclaré le président russe au cours d'entretiens téléphoniques avec des dirigeants occidentaux, dont la chancelière allemande Angela Merkel et le Premier ministre britannique David Cameron.
Londres a rapporté de son côté que MM. Cameron et Poutine s'étaient entendus sur le fait que « tous les pays doivent respecter l'intégrité territoriale et la souveraineté de l'Ukraine ».
La chancelière Angela Merkel, qui a assuré le nouveau Premier ministre Arseni Iatseniouk de son soutien, a elle aussi appelé à éviter « tout pas pouvant contribuer à aggraver la situation » en Ukraine et à « la retenue » en Crimée, dans cet entretien téléphonique avec le président russe, a indiqué le porte-parole du gouvernement allemand.
Quant au président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, il a appelé hier au « dialogue politique » pour résoudre la crise en Crimée. Lors d'un entretien téléphonique avec le nouveau Premier ministre, auquel il a souhaité « résolution et détermination pour affronter les importants défis auxquels est confronté » son pays, M. Barroso a évoqué tout particulièrement la « stabilisation politique et sociale » et le « caractère inclusif des futures réformes ».

(Reportage : Quand l'Est ne veut plus payer pour l'Ouest...)

Kalachnikov à la main
Pendant ce temps, dans la petite péninsule russophone qui semble de plus en plus échapper au contrôle des autorités centrales de Kiev, des hommes armés étaient présents hier sur plusieurs sites stratégiques de sa capitale, Simféropol. Les partisans d'un rattachement à la Russie de la Crimée tentaient hier d'étendre leur toile dans ce territoire du sud de l'Ukraine, se déployant aux abords de bâtiments publics. Kalachnikov à la main, des hommes en uniforme patrouillaient aussi, tôt hier, à l'extérieur de l'aéroport de Simféropol, bien décidés à refouler d'éventuels nationalistes ukrainiens qui chercheraient à se rendre dans la capitale de cette presqu'île du sud de l'Ukraine. Quelques heures plus tard, et alors que les autorités ukrainiennes avaient assuré avoir repris le contrôle des deux aéroports, les hommes encagoulés effectuaient toujours des rondes à Simféropol. Sur place, le correspondant de l'AFP n'avait pas pu approcher la dizaine d'hommes casqués, pour certains le visage à moitié caché par une cagoule, et portant tous un écusson noir sur le haut du bras droit, et donc de savoir à quelle armée ou formation paramilitaire ils appartiennent. La trentaine de civils présents sur les lieux ne cachaient pas leur motivation : « Nous sommes présents pour ne pas permettre que viennent en avion de l'ouest de l'Ukraine des fascistes ou des radicaux », déclare, évoquant en ces termes les partisans du nouveau régime ukrainien, leur porte-parole improvisé, Vladimir, 46 ans, en veste de treillis et qui se présente comme un ancien officier. « Nous resterons le temps qu'il faudra, il y aura une relève », poursuit-il.

(Repère : Les figures-clés du nouveau pouvoir)


Face à l'évolution dangereuse de la situation, « les vols au départ et à destination de Simféropol prévus ce soir (vendredi) et demain matin (samedi) sont annulés », a déclaré une porte-parole à l'aéroport de Kiev.
Dans le même temps, des centaines de militants prorusses étaient rassemblés aux abords du Parlement. Des chants patriotiques russes y étaient diffusés par des DJ improvisés, et l'on pouvait, comme les jours précédents, voir des drapeaux russes dans la foule. Une cinquantaine d'autres militants ont pris position devant la représentation du président ukrainien en Crimée, également dans le centre de Simféropol, pour en interdire l'accès à son nouveau chef, nommé par les autorités ayant renversé samedi Viktor Ianoukovitch à Kiev.

Huis clos à New York
La Lituanie a demandé pour sa part au Conseil de sécurité des Nations unies, dont elle assure la présidence tournante, de se pencher sur la crise en Crimée. Ainsi, le Conseil devait tenir une « réunion privée suivie de consultations », à huis clos, hier après-midi à New York sur la situation en Ukraine, ont annoncé les Nations unies, sachant que Moscou a tout fait pour retarder cette réunion.
Et dans la capitale ukrainienne, les députés ont voté hier matin une résolution appelant les pays occidentaux à garantir la souveraineté du pays. Les États-Unis, la Grande-Bretagne et la Russie se sont portés garants de l'indépendance de l'Ukraine dans le Mémorandum de Budapest, signé en 1994, en échange de son renoncement aux armes nucléaires après la chute de l'Union soviétique dont elle faisait partie.
Comme pour faire écho à cette résolution, la Russie a indiqué qu'elle allait octroyer des passeports russes aux « Berkout », policiers d'élite ukrainiens accusés d'avoir tué par balles de nombreux manifestants sur le Maïdan, et dont l'unité a été démantelée.

L'argent du clan
Sur un autre plan, et alors que les sanctions personnelles promises par l'UE tardent à se concrétiser, l'Autriche, la Suisse et le Liechtenstein, des havres financiers appréciés des oligarques, ont décidé d'attaquer au portefeuille le président ukrainien déchu Viktor Ianoukovitch et son clan. Vienne a ainsi annoncé hier matin avoir gelé les avoirs de 18 Ukrainiens soupçonnés d'atteintes aux droits de l'homme et de corruption, sans divulguer leurs noms. Le gouvernement suisse a publié le même jour une ordonnance gelant des avoirs de vingt responsables ukrainiens, en majorité des ministres déchus du précédent gouvernement ainsi que ceux du président destitué Viktor Ianoukovitch et de son fils Alexandre. La démarche de Berne a été suivie par Vaduz, la capitale de la principauté du Liechtenstein. Le gouvernement de cette petite principauté alpine a publié une ordonnance identique à celle de Berne, avec la même liste. Simultanément, les autorités judiciaires de Genève ont annoncé avoir lancé jeudi une enquête pénale à l'encontre du président déchu et de son fils pour « blanchiment ».
La décision, demandée par le pouvoir de transition à Kiev, a été présentée à Vienne comme « une mesure de sécurité provisoire jusqu'à l'entrée en vigueur des mesures de l'UE », qui avait décidé le 20 février de prendre des sanctions ciblées, y compris des interdictions de visas et des gels d'avoirs, contre une liste de personnalités proches de Viktor Ianoukovitch. Rien ne s'est passé depuis, et à Bruxelles, on temporise. « Le travail technique continue », indique une source européenne haut placée, laissant entendre que les sanctions ne sont plus la priorité.


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commentaires (4)

YIA MÉMÉE... EST-CE QUE NOUS SOMMES DÉJÀ... EN CRIMÉE... OU EN ROUTE POUR L'EMPYRÉE ???

La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

14 h 32, le 02 mars 2014

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Commentaires (4)

  • YIA MÉMÉE... EST-CE QUE NOUS SOMMES DÉJÀ... EN CRIMÉE... OU EN ROUTE POUR L'EMPYRÉE ???

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    14 h 32, le 02 mars 2014

  • Ils viennent presenter l'ardoise que les occidecadents devront payer un jour , s'ils veulent avaler l'ukraine sans les arêtes ... La Crimee etant la partie utile de la region , c'est un accompte sur dette insolvable....

    FRIK-A-FRAK

    13 h 49, le 01 mars 2014

  • "Barack Obama est intervenu expressément pour mettre en garde la Russie : toute intervention en Ukraine aura un Coût." ! En résumé : C'est ou la Syrie ou l'Ukraine ! Faudra choisir !

    ANTOINE-SERGE KARAMAOUN

    09 h 59, le 01 mars 2014

  • L'OURS BLANC, S'IL VEUT GARDER LES SAUMONS DANS LES RIVIÈRES DE SES BORDS, DEVRAIT PLONGER DANS SES EAUX AUJOURD'HUI BIEN MERD...IQUES... ET LÂCHER LES SAUMONS DÉJÀ FUMÉS... DES COURS D'EAU ÉTRANGERS AUX GRIZZLIES... SES COUSINS CARNASSIERS !

    La Libre Expression. La Patrie en Peril Imminent.

    08 h 43, le 01 mars 2014

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