L'inflation a ralenti en Allemagne en février, s'établissant à 1,2 %, selon un chiffre provisoire publié hier qui laisse présager une évolution des prix contenue en zone euro et fait monter la pression sur la Banque centrale européenne (BCE).
En janvier, l'inflation était de 1,3 % dans la première économie européenne et, en décembre, elle pointait à 1,4 %, rappelle l'Office fédéral des statistiques, qui publie ces chiffres.
Depuis plusieurs mois, la tendance est à un tassement de l'inflation en Allemagne, comme dans les autres pays européens, du fait notamment de la baisse des prix de l'énergie. Cette dynamique a été une nouvelle fois à l'œuvre en février, d'après les offices régionaux des statistiques qui ont publié hier leurs chiffres. Le taux d'inflation provisoire est calculé sur la base des données fournies par six des 16 länder allemands. Un effet supplémentaire et spécifiquement allemand a joué sur l'énergie, fait valoir Stefan Kipar, de la banque BayernLB, à savoir une hausse moins prononcée de la taxe sur les énergies renouvelables que l'année précédente.
Le chiffre allemand publié hier est à même de peser sur l'évolution des prix en zone euro. À 0,8 %, celle-ci était en janvier déjà bien en dessous du seuil de 2 % que s'est fixé la BCE. Le chiffre de février pour la zone euro est attendu demain et devrait descendre à 0,7 %, à en croire les analystes interrogés par Dow Jones Newswires. La Commission européenne a toutefois souligné cette semaine, comme l'a déjà fait plusieurs fois avant elle le président de la BCE, Mario Draghi, qu'elle ne voyait actuellement pas de risque de déflation en Europe.
Alors que le rythme contenu de l'évolution des prix trahit une économie qui tourne toujours à très faible régime, M. Draghi n'en sera pas moins attendu au tournant la semaine prochaine, soulignaient hier les commentateurs.
« La pression sur la BCE pour baisser les taux en mars est forte », assure ainsi Johannes Gareis, de la banque Natixis. Les chiffres de l'inflation sont à même de « renforcer la position des "colombes" au sein du conseil des gouverneurs de la BCE », renchérit son confrère Johannes Werner, de Commerzbank, qui mise sur une inflation en zone euro à seulement 0,6 % en février. Les « colombes » désignent les tenants d'une politique monétaire accommodante, c'est-à-dire stimulant l'activité économique.
Le principal taux directeur de la BCE est déjà à son plus bas historique, à 0,25 %.
© AFP
Économie - Croissance
L’inflation allemande fléchit en février, la pression monte sur la BCE
OLJ / le 28 février 2014 à 00h00


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