Le vice-président du Conseil supérieur chérié, l'ancien ministre Omar Meskaoui, a fait part hier de sa « profonde colère » à l'égard des agissements du mufti de la République, cheikh Mohammad Kabbani, « qui s'est récemment joué de l'unité des sunnites à Saïda et les a incités à s'opposer les uns aux autres ». Dans une déclaration, M. Meskaoui a estimé qu' « il est honteux que le mufti joue ce jeu ». « Le Conseil supérieur chérié est une institution publique et une entité indépendante. Nous représentons au sein de ce Conseil la légitimité, et le mufti Kabbani n'a aucune prérogative. Ses agissements sont illégaux et constituent une atteinte contre nous. Qu'il nous laisse travailler en paix », a poursuivi M. Meskaoui, qui a assuré que « le mufti est responsable d'affaires dangereuses, beaucoup plus que l'on ne croie ». Et d'ajouter : « Nous respectons toutes les personnes nommées par le mufti, mais ce dernier fait désormais partie du jeu politique à Saïda, et nous souhaitons que le nouveau cabinet et surtout le Premier ministre interviennent sur ce plan. Notre activité émane en effet de la direction du gouvernement, et je pense que Tammam Salam sera du même avis que les Premiers ministres précédents, que nous avons toujours consultés avant toute action de notre part. »
Cela fait plusieurs mois que le Conseil de Dar el-Fatwa est miné par les différends, qui ont pris une plus grande envergure après des élections controversées d'un nouveau Conseil chérié qui se sont déroulées sous l'égide du mufti Kabbani, à la grande surprise d'une large frange de la communauté sunnite qui a contesté ce scrutin. La polémique avait engendré finalement la présence de deux Conseils supérieurs chériés, une première. Mardi, le mufti Kabbani avait nommé un nouveau conseil d'administration pour les waqfs islamiques de Saïda.

