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Moyen Orient et Monde - Syrie

Intenses combats entre armée et rebelles dans un secteur-clé d’Alep

Les deux camps cherchent à contrôler le quartier stratégique de Cheikh Najjar et sa prison centrale.

Un combattant rebelle lors d'affrontements à Cheikh Najjar, un quartier stratégique d'Alep, le 24 février 2014. AFP / ALEP MEDIA CENTRE / ZEIN AL-RIFAI

L'armée syrienne était engagée hier dans des combats contre les rebelles dans un quartier stratégique d'Alep, dont la prise lui permettrait de renforcer son contrôle sur la prison centrale et d'assiéger l'est de la métropole, a-t-on appris auprès des protagonistes.


Le quotidien al-Watan, proche du pouvoir, a affirmé hier que les forces du régime avaient avancé dans ce quartier industriel, Cheikh Najjar, limitrophe de la prison. Al-Watan, citant des « experts militaires », affirme que l'armée veut prendre des positions stratégiques à Cheikh Najjar qui dominent les alentours de la prison. L'armée espère ainsi pouvoir installer une station

d'artillerie sur les hauteurs pour briser les attaques « qui se sont intensifiées ces derniers jours ».
Véritable forteresse construite au début des années 60, la prison a été attaquée à plusieurs reprises par les rebelles qui veulent s'emparer de cette position dans le cadre de la bataille qui fait rage dans la deuxième ville de Syrie depuis l'été 2012. Ils veulent libérer les 3 500 détenus qui y vivent dans de très mauvaises conditions. Début février, un groupe de rebelles avait lancé une très importante offensive contre la prison et pris le contrôle d'une partie de cet immense complexe, avant d'en être chassé partiellement sous le coup des bombardements aériens. Selon des sources militaires, cette présence rebelle met en difficulté les soldats qui défendent la prison. Une grande partie du mur de défense entourant le bâtiment s'est effondrée durant l'attaque de février et les insurgés multiplient les tentatives pour en prendre le contrôle. Jeudi, les rebelles ont mené à nouveau une triple attaque-suicide, tuant huit soldats et blessant 20 autres.


Nazir al-Khatib, un militant de l'opposition à Alep, a confirmé les combats à Cheikh Najjar. Les rebelles « ont mis tout leur poids à Cheikh Najjar pour arrêter l'avancée du régime », a-t-il déclaré. Selon lui, cette zone industrielle est importante non seulement à cause de sa proximité avec la prison mais aussi parce que sa chute aux mains du régime signifierait que l'armée serait en passe d'imposer un siège à tous les secteurs est d'Alep, qui sont aux mains des insurgés. « Ahrar al-Cham et d'autres groupes du Front islamique (alliance de groupes islamistes) ont envoyé des renforts sur le front de Cheikh Najjar », a souligné Nazir al-Khatib.

 

À Homs
Par ailleurs, soixante hommes qui avaient été arrêtés à leur évacuation de Homs, autre métropole syrienne, ont été relâchés après interrogatoire, a annoncé hier le gouverneur, Talal Barazi. Ces hommes, âgés de 15 à 55 ans, font partie des quelque 1 400 personnes évacuées depuis le 7 février du vieux Homs, tenu par les rebelles et assiégée depuis plus d'un an et demi par les troupes du régime, en vertu d'un accord entre régime et rebelles, négocié par l'ONU. Selon lui, il reste encore 181 jeunes hommes dans un centre aménagé pour l'occasion, expliquant que certains d'entre eux sont en situation irrégulière (désertion ou autres) qui sera « rapidement normalisée ».
Toujours sur le plan humanitaire, le Croissant-Rrouge syrien a annoncé hier avoir distribué en quatre jours plus de 6 600 rations alimentaires dans trois localités au sud de Damas où des trêves sont en vigueur. Il s'agit des localités de Beit Sahem, Babbila et Yalda, trois bastions de la rébellion dans la province de Damas, où plusieurs cessez-le-feu ont été conclus entre belligérants après plus d'un an et demi de combats et bombardements acharnés. En outre, 460 habitants ont reçu des soins et des médicaments dans ces zones, tandis que 1 700 autres personnes malades ont pu sortir de ces localités. L'opération, effectuée avec le soutien du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et du Programme alimentaire mondial (PAM), a profité à quelque 5 450 familles sur les 12 000 enregistrées pour recevoir des aides.


Mais selon les militants et des ONG, le siège imposé par l'armée n'a pas été totalement levé. « Ce sont comme des prisons à ciel ouvert », affirme Rami Abdel Rahmane, directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). « La levée du siège implique une liberté de mouvement, ce qui n'est pas le cas », explique-t-il. Dans une autre localité, Mouadamiyat al-Cham, où une trêve est en vigueur depuis décembre, des militants ont dénoncé également des restrictions. Selon Abou Malek, un militant antigouvernemental local, la situation s'est améliorée au niveau alimentaire, mais le régime empêche la localité de s'autosuffire.

 

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