Un calme relatif régnait hier à Tripoli après les combats qui ont eu lieu la veille suite à l'assassinat, jeudi, du cadre du Parti arabe démocratique (PAD), Abdel Rahman Diab (alaouite). L'armée s'est déployée au niveau de toutes les lignes de démarcation, spécialement le long de la rue de Syrie. Les militaires ont même dressé de nouveaux barrages. Aujourd'hui, rappelons-le, se termine l'ultimatum de 48 heures lancé par le PAD à l'État pour l'arrestation des assassins dont, selon le parti, l'identité est connue.
Rifaat Eid, secrétaire général du PAD, a déclaré hier que « l'État doit assumer ses responsabilités ». « Pour la première fois, je compte me plier à la volonté de mon peuple, a-t-il poursuivi, faisant référence à l'expiration de l'ultimatum aujourd'hui. Nous payons le prix de notre soutien au président (syrien) Bachar el-Assad et à (au secrétaire général du Hezbollah) sayyed Hassan Nasrallah. Mais nous ne tolérerons pas les pressions plus longtemps. Le monde assistera au sursaut de la communauté alaouite. »
Rappelons que le père de Rifaat Eid, Ali Eid, leader du PAD et ancien député alaouite de Tripoli, doit être interrogé sur des aveux faits par son chauffeur, actuellement en détention. Ce dernier a affirmé que c'est sur les instructions de son patron qu'il a conduit en Syrie un homme qui aurait trempé dans le double attentat perpétré en août dernier contre deux mosquées de la capitale du Nord. Il a refusé jusqu'à présent de se présenter devant le juge.
Pour sa part, Abdel Latif Saleh, porte-parole du PAD, a accusé l'État de « vouloir sacrifier toute la communauté alaouite ». Il a laissé entendre que le parti avait communiqué aux forces de l'ordre des informations selon lesquelles un des cadres du parti courait le risque d'être assassiné, « mais celles-ci n'ont pas réagi ». « Après l'expiration de l'ultimatum, si l'État n'a toujours pas arrêté les coupables, mieux vaudra alors mourir en masse », a-t-il lancé.
Par ailleurs, un nombre de manifestants ont coupé la route au niveau de la place al-Nour à Tripoli pour protester contre l'arrestation, par l'armée, d'un suspect appelé Abou Bakri Haïdar, accusé d'avoir tiré sur des militaires.
Liban
Eid : « Nous ne tolérerons pas les pressions plus longtemps »
OLJ / le 22 février 2014 à 00h00


Une vraie "Cinquième Colonne" à lui tout seul, ce mec !
09 h 49, le 22 février 2014