L'armée sud-soudanaise a déclaré hier avoir perdu le contact avec ses troupes dans la ville stratégique de Malakal, théâtre depuis la veille de combats avec la rébellion.
Les forces rebelles regroupées derrière l'ex-vice-président Riek Machar ont lancé mardi une vaste offensive sur la ville, capitale de l'État pétrolier du Haut-Nil, faisant voler en éclats le fragile cessez-le-feu que les belligérants avaient péniblement conclu dans la capitale éthiopienne Addis-Abeba fin janvier. La rébellion qui combat l'armée fidèle au président Salva Kiir dit désormais contrôler Malakal, mais la situation reste confuse. « Je n'ai aucun contact avec le commandement à Malakal », a ainsi expliqué le porte-parole de l'armée, Philip Aguer, en assurant malgré tout que les rebelles ne contrôlaient que la partie sud de la ville et que les champs pétrolifères alentour restaient aux mains de l'armée. Plus tôt, l'ONU avait affirmé que dix personnes, des déplacés, avaient été tuées dans sa base de Malakal dans des « affrontements intercommunautaires ».
Le porte-parole des rebelles, Lul Ruai Koang, a de son côté indiqué que son camp repoussait les soldats loyaux au gouvernement de Juba dans la brousse. Il a cependant affirmé que les forces gouvernementales avaient les premières violé la trêve et qu'eux-mêmes n'avaient fait que répliquer. Les deux parties s'accusent mutuellement depuis des semaines de violer le cessez-le-feu conclu le 23 janvier sous l'égide de l'organisation est-africaine IGAD. Mais les combats à Malakal semblent les plus violents enregistrés depuis cette date.
Le jeune pays, indépendant du Soudan depuis seulement juillet 2011, est le théâtre de combats entre les forces progouvernementales et la rébellion depuis le 15 décembre. Les affrontements, qui ont déjà fait des milliers de morts et quelque 900 000 déplacés, avaient commencé dans la capitale Juba avant de s'étendre au reste du pays, en particulier aux États du Haut-Nil, du Jonglei et d'Unité. Le conflit sud-soudanais s'articule autour d'une lutte de pouvoir entre le chef de l'État et son ex-vice-président, limogé en juillet. Salva Kiir accuse Riek Machar et son camp d'avoir tenté un coup d'État. Le second dément et reproche en retour au premier de ne chercher qu'à écarter toute compétition au sein du parti au pouvoir, le SPLM, issu de l'ex-rébellion sudiste qui a affronté Khartoum lors de la longue guerre civile (1983-2005) pré-indépendance, à l'approche d'échéances électorales en 2015.
(Source : AFP)
Moyen Orient et Monde - Conflit
L’armée sud-soudanaise perd le contact avec son commandement à Malakal
La rébellion affirme contrôler la ville, ce que démentent les forces loyalistes.
OLJ / le 20 février 2014 à 00h00

