Les immatriculations de voitures neuves dans l'Union européenne ont de nouveau progressé de 5,5 % en janvier, marquant un cinquième mois consécutif de hausse, mais elles restent bien en deçà des niveaux d'avant-crise.
Avec moins d'un million de nouveaux véhicules enregistrés (935 640), le marché est à son second plus bas niveau jamais enregistré pour un mois de janvier depuis 2003, a annoncé hier l'Association des constructeurs européens (ACEA).
En décembre 2013, les ventes avaient augmenté de 13,3 % avec 906 294 voitures neuves immatriculées. Elles avaient progressé de 5,4 % en septembre, de 4,7 % en octobre et de 1,2 % en novembre.
« Le marché semble repartir un peu, sans faire des étincelles. En 2014, il devrait progresser de quelques points mais rester très bas », a indiqué à l'AFP Jean-François Belorgey, spécialiste automobile du cabinet EY, soulignant que le niveau restait inférieur de 25 % à celui d'avant-crise.
Sur le premier mois de cette année, la reprise s'est confirmée sur la plupart des marchés européens. Parmi les cinq plus importants, le Royaume-Uni (154 562 véhicules) et l'Espagne (53 436) font la course en tête, affichant chacun une hausse de 7,6 % des immatriculations.
L'Allemagne, principal marché du Vieux Continent, suit de près avec une augmentation de 7,2 % à 205 996 unités. L'Italie arrive derrière à +3,2 % (117 802 unités).
« L'année 2014 a commencé sur une bonne note », a commenté Carlos da Silva, analyste chez IHS Automotive, dans une note. « Après une période où la survie était le mot-clef pour de nombreux constructeurs, nous entrons maintenant dans une phase de reprise », mais « la route devrait être assez sinueuse ».
Selon les experts, les mesures d'austérité et le taux de chômage devraient peser sur les ventes, mais elles devraient, à l'inverse, profiter du renouvellement in fine nécessaire d'un parc vieillissant.
La France est restée à la traîne (+0,5 % à 125 454 véhicules), mais les deux constructeurs hexagonaux affichent une nette hausse de leurs ventes et de leurs parts de marché sur l'ensemble de l'UE.
Numéro un français et numéro deux européen, PSA Peugeot Citroën, à l'aube d'un tournant historique avec l'arrivée attendue à son capital de l'État français et du constructeur chinois Dongfeng, a vu ses immatriculations augmenter de 7,4 % en janvier à 109 257 unités. Sa part de marché progresse à 11,7 % contre 11,5 % un an plus tôt.
Renault (marques Renault et Dacia) enregistre une hausse de 13,4 % de ses immatriculations à 86 452 unités, troisième plus forte progression de tous les constructeurs derrière les japonais Mazda (+34,9 %) et Toyota (+16,8 %), mais dans des volumes plus importants. Sa part de marché a grimpé à 9,2 % contre 8,6 % en janvier 2013.
Le groupe dirigé par Carlos Ghosn voit une nouvelle fois ses ventes tirées par sa filiale roumaine à bas coûts Dacia, dont les ventes ont bondi de 38,9 % et la part de marché est passée de 2,3 à 3 % sur un an.
Les résultats de la marque au losange sont plus nuancés : les ventes progressent de 4,2 % sur un an à 58 337 véhicules, mais la part de marché est en léger repli, à 6,2 % contre 6,3 % en janvier 2013.
M. Belorgey s'est montré perplexe face aux tendances des économies du Nord, dont « les fondamentaux sont positifs », et la « fragilité » des économies du Sud. Ces dernières « vont-elles accompagner la reprise du marché européen ? » s'interroge-t-il.
Perplexité également au vu des « différences assez significatives » entre constructeurs.
Au classement d'ensemble, le groupe allemand VW Group caracole en tête avec 237 538 véhicules neufs écoulés le mois dernier (+8,9 %) pour l'ensemble de ses marques (Volkswagen, Audi, Seat, Skoda).
Mais dans les marques premium, Lexus (+25,7 %) et Audi (+9,5 %) ont enregistré de bonnes performances, tandis que les mastodontes BMW (+0,5 %) et Mercedes (+0,7 %) ont stagné. Même situation dans le low-cost avec Dacia et Kia (+3,6 %) en hausse, tandis que Hyundai recule de 5,9 %.
Pied de nez au retrait d'Europe de Chevrolet engagé par GM, ses ventes ont progressé de 9,1 % en janvier. Et elles ont bondi de 10,7 % pour Lancia, à propos de laquelle le patron de sa maison mère Fiat, Sergio Marchionne, a indiqué en janvier qu'elle ne serait distribuée à terme qu'en Italie où elle réalise déjà 80 % de ses ventes.
(Source : AFP)

