Police et manifestants se sont violemment affrontés hier à Bangkok. Résultat : quatre tués et 64 blessés. Damir Sagolj/Reuters
La Première ministre thaïlandaise, visée depuis trois mois par un mouvement de rue réclamant sa tête, va être inculpée pour négligence, une procédure qui pourrait conduire à sa destitution. La commission anticorruption a annoncé avoir convoqué Yingluck Shinawatra le 27 février pour l'inculper en lien avec un programme controversé d'aide aux riziculteurs, estimant qu'elle avait ignoré les avertissements prévenant que cette politique engendrait corruption et pertes financières. Des riziculteurs, dont certains n'ont pas été payés depuis des mois, se sont récemment joints aux critiques du programme, augmentant encore la pression sur Yingluck.
Hier, une opération de la police antiémeute pour reprendre certains sites bloqués par les protestataires depuis des semaines, dont le siège du gouvernement, a conduit à des heurts violents. Explosions et tirs ont secoué un quartier du centre historique de Bangkok, situé tout près de lieux touristiques majeurs de la capitale. Selon le centre de secours Erawan, quatre personnes ont été tuées, dont un policier touché par balle, et 64 autres blessées. La police a précisé que 24 des siens avaient été blessés. Une porte-parole du gouvernement a assuré que la police n'avait « pas utilisé de balles réelles », mais seulement des balles en caoutchouc. Après avoir forcé le passage à travers des barricades de barbelés et de sacs de sable, la police a rencontré une forte résistance des manifestants et s'est finalement retirée, pendant que des touristes prenaient des photos.
Près de 150 manifestants ont d'autre part été interpellés sans résistance dans un complexe du ministère de l'Énergie pour violation de l'état d'urgence, selon le centre de crise. C'est la première fois depuis le début du mouvement que les autorités arrêtent autant de manifestants. Le gouvernement avait jusqu'ici cherché à éviter les affrontements entre police et manifestants pour limiter les violences qui ont désormais fait quinze morts et des centaines de blessés. Mais il a changé de stratégie vendredi lorsque la police a dégagé un campement près du siège du gouvernement que Yingluck n'a pu utiliser depuis deux mois. Immédiatement après l'opération, les militants étaient revenus reconstruire leurs barricades. Hier, les manifestants ont rejeté l'ultimatum des autorités pour abandonner cette position.
(Source : AFP)

