Un avion d'Ethiopian Airlines effectuant un vol Addis Abeba-Rome a été détourné hier sur Genève par le copilote qui a été arrêté, ses premières déclarations ne permettant pas d'établir ses motivations. Il y avait 202 personnes à bord de ce Boeing 767, passagers – en majorité des Italiens – et membres d'équipage, et ils sont sains et saufs, a précisé le porte-parole de l'aéroport, Bernard Stämpfli.
Le copilote a profité de l'absence du commandant de bord, qui s'était rendu aux toilettes, pour s'enfermer dans le cockpit. Il n'était pas armé et a déclaré qu'il se sentait « menacé » dans son pays et a demandé l'asile politique à la Suisse, selon la police. Une fois l'avion posé, le pirate s'est rendu à la police, selon celle-ci. « Techniquement, son infraction est une prise d'otages, la peine correspondante pouvant aller jusqu'à vingt ans de privation de liberté », a indiqué le procureur de Genève, Olivier Jornot, lors d'un point de presse. Pour ce détournement peu ordinaire, l'enquête va devoir déterminer les motivations du copilote et surtout pourquoi il a recouru à une telle action extrême alors qu'il aurait pu faire une demande d'asile politique une fois arrivé en Italie.
Selon le ministre éthiopien de l'Information, le pirate de l'air, âgé de 31 ans, se nomme Hailemedehin Abera Tagegn et travaille pour le transporteur aérien national depuis cinq ans. Il n'a pas d'antécédents judiciaires. « De ce que nous savons jusqu'ici, il était médicalement sain », a poursuivi le ministre, ajoutant malgré tout attendre les conclusions de l'enquête et estimant que le copilote n'avait aucune raison de fuir l'Éthiopie.
(Source : AFP)

