Le président Hamid Karzaï a demandé aux États-Unis de cesser de « harceler » la justice afghane après la libération par Kaboul de dizaines de talibans présumés, avivant les déjà fortes tensions entre les deux pays.
« J'espère que les États-Unis vont arrêter de harceler les autorités judiciaires afghanes et de contester leurs procédures (...). Si les autorités judiciaires afghanes décident de libérer des prisonniers, cela n'est pas et ne doit pas être l'affaire des États-Unis », a déclaré le président afghan à l'issue du 8e sommet Turquie-Afghanistan-Pakistan à Ankara.
L'ambassade des États-Unis a dénoncé une décision « profondément regrettable », dans un communiqué en forme d'avertissement : « Le gouvernement afghan devra assumer les conséquences de cette décision (...). Nous l'exhortons à prendre toutes les mesures possibles pour s'assurer que les personnes libérées ne commettent pas de nouveaux actes de violence ou de terreur ». À Washington, le département d'État a reconnu que l'Afghanistan était un pays « souverain » pour décider de ces remises en liberté, mais s'est dit « inquiet » pour « les vies des membres des troupes de la coalition, des forces de sécurité afghanes et des civils afghans ».
Des analystes y voient un geste d'apaisement de Kaboul envers les talibans, dans l'espoir de les convaincre d'accepter des pourparlers de paix pour stabiliser le pays après le retrait des forces de l'OTAN à la fin de l'année.
(Source : AFP)
Moyen Orient et Monde - Afghanistan
Talibans libérés : le ton monte entre Karzaï et Washington
OLJ / le 15 février 2014 à 00h00

