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Moyen Orient et Monde - Vatican

La renonciation de Benoît XVI, une décision audacieuse et bien gérée

Beaucoup de commentateurs saluaient hier l’acte de « sagesse » et de « grandeur » de Benoît XVI. Vincenzo Pinto/archives/AFP

L'annonce historique par Benoît XVI de sa démission, il y a un an, est saluée aujourd'hui comme une césure ayant débouché sur un renouveau de l'Église engagé par le pape François, beaucoup d'observateurs réévaluant le pontificat du pape allemand.

« Cela a été un grand acte de gouvernement qui a eu une incidence sur la vie de l'Église », a souligné le père jésuite Federico Lombardi, porte-parole de Benoît XVI, puis de François, sur Radio Vatican. Aucune cérémonie n'était annoncée hier dans le plus petit État du monde, une discrétion voulue sans doute par le vieux pape allemand. Son successeur a toutefois tweeté un message en forme d'hommage : « Je vous invite à prier ensemble avec moi pour Sa Sainteté Benoît XVI, un homme de grand courage et d'humilité. »


Désormais, un autre pape, s'il voit qu'il n'a plus les forces pour faire face aux défis d'une Église de 1,2 milliard de baptisés, pourrait démissionner. Cela pourrait concerner un jour François ou un de ses successeurs, même si cela devrait rester exceptionnel, relèvent les vaticanistes. Beaucoup de commentateurs saluaient hier l'acte de « sagesse » et de « grandeur » de Joseph Ratzinger, à l'issue d'un pontificat impopulaire et tourmenté de huit ans, marqué par des scandales dans l'Église, des erreurs de communication de lui-même et de la curie. « Le vrai visage de Benoît XVI a été découvert après cet acte : l'affection, la douceur » notamment, a estimé Radio Vatican.


Le pape émérite de 86 ans vit retiré dans l'ancien monastère Mater Ecclesiae sur la colline du Vatican. Il lit, prie, écrit, reçoit, selon son ancien porte-parole. « Curieusement, il n'a jamais été aussi présent sur la scène que depuis qu'il l'a quittée.

L'image fausse du Panzerkardinal s'est effacée en un an », a commenté le cardinal français Paul Poupard, en soulignant aussi que « tous » à la curie « sont maintenant rassurés » sur la présence simultanée de deux papes. « En un an, on est passé au Vatican de la stupeur et d'un brin de réprobation à l'approbation sur fond de gravité », ajoute ce fin observateur de la curie.


Le vaticaniste Marco Tosatti estime que « le travail obscur, ingrat et certainement peu valorisé (de Benoît XVI) de nettoyage interne de l'Église, de ses membres faibles et peu capables, a permis à l'Église de se présenter au monde sous un aspect nouveau ». Benoît XVI a lutté fermement contre la pédophilie, le carriérisme, l'incohérence, la double morale, déblayant le terrain pour le pape François et sa « révolution de la tendresse », selon M. Tosatti. Le pontificat de Joseph Ratzinger, observe M. Tosatti, a permis « de donner naissance à un vrai après-Karol Wojtyla » incarné par le règne de François. Le « géant » polonais a marqué par sa forte stature l'Église pendant 27 ans, mais il a achevé son pontificat en laissant une Église entachée par de multiples scandales, notamment la pédophilie.


Dans un livre qui vient de paraître en France, L'Homme qui ne voulait pas être pape (Albin Michel), l'expert du Vatican Nicolas Diat dresse un portrait de Benoît XVI comme un homme humble et exigeant, trahi par son entourage, notamment avec le scandale des fuites VatiLeaks. « S'il est un pape qui a dû affronter la médiocrité, la bassesse vertigineuse et les petites rancunes à l'intérieur et à l'extérieur de l'Église, c'est sans conteste Benoît XVI. » Nicolas Diat montre que certains cardinaux n'avaient pas bien accepté son pontificat, qui selon eux ne devait être que de transition, et que d'autres manœuvraient et intriguaient pour se positionner pour la succession.

 

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Désormais, un autre pape, s'il voit qu'il...
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