Photo d’archives montrant un employé de l’usine Dongfeng Peugeot Citroën Automobile Company Ltd à Wuhan, en Chine. Photo Reuters
Les négociateurs français dans le dossier PSA-Dongfeng seront à pied d'œuvre en Chine dans les prochains jours pour ce qui doit être la dernière ligne droite des discussions sur le partenariat stratégique renforcé entre les deux groupes, a-t-on appris de sources proches du dossier.
La plupart des conseillers de PSA Peugeot Citroën, de l'État français et ceux de Dongfeng à Paris, qui travaillent depuis plusieurs mois sur une augmentation de capital d'environ trois milliards d'euros et sur le nouveau tour de table qui en résultera, font le déplacement, ont ajouté les sources.
À leur retour, une nouvelle réunion du conseil de surveillance est prévue le 18 février. Le lendemain, PSA doit dévoiler les grandes lignes de l'opération en même temps que ses résultats annuels. « Le conseil de surveillance a mandaté à nouveau le directoire pour aller au bout des discussions avec Dongfeng. En toute logique, le président (du directoire) Philippe Varin devrait être lui aussi du voyage », a déclaré une des sources, proche du conseil. Il n'est pas non plus exclu que les conseillers de Dongfeng fassent le chemin inverse pour des discussions en France, a ajouté cette source.
Le conseil de surveillance a publié jeudi soir un communiqué réaffirmant son soutien au projet, afin de clarifier la situation, alors que le président du conseil, Thierry Peugeot, manifeste ouvertement ses réticences face à la tournure que prennent les négociations. Soucieux de maintenir au maximum l'influence de la famille, il dit craindre une « stratégie de désengagement ». Mais la holding familiale FFP a rappelé, jeudi soir elle aussi, qu'elle soutenait le scénario avec Dongfeng et l'État.
Au menu : prix, gouvernance et volet industriel
Le futur conseil de surveillance pourrait être composé de 22 membres, contre 15 actuellement, afin de respecter le nouvel équilibre acté fin janvier : trois représentants de Dongfeng, trois représentants de l'État français et trois représentants de la famille Peugeot – contre quatre actuellement.
Les Échos et Le Figaro ont évoqué cette semaine un conseil resserré, avec deux membres seulement pour chacun des trois grands actionnaires, mais une source proche de la famille juge improbable que celle-ci consente à ce que ses voix soient divisées par deux. S'ajouteraient dix administrateurs indépendants (contre huit actuellement), dont le nouveau président du conseil de surveillance, et trois représentants des salariés (contre deux).
Autre point-clé des discussions, la structure de l'augmentation de capital et son prix restent à préciser. La ventilation des trois milliards d'euros prévus, entre partie réservée et augmentation de capital avec droits préférentiels de souscription, pourrait être un tiers/deux tiers, selon une source proche du dossier. Quant aux hypothèses actuelles pour le prix de la partie réservée, elles oscillent entre 7,5 et 8,5 euros par action, selon deux sources.
La future augmentation de capital s'accompagnera aussi d'un plan industriel sur lequel le constructeur automobile français est resté jusqu'ici très évasif. Le groupe a besoin d'argent frais pour financer son développement futur, mais aussi d'une stratégie conjointe avec son partenaire chinois pour se renforcer en Chine et conquérir de nouveaux marchés.
À la conquête d'autres émergents
Il est d'ores et déjà acquis que PSA apportera avec lui la technologie Hybrid Air. Cette technique d'hybridation bon marché, propre au groupe français, sera développée et industrialisée exclusivement avec Dongfeng. PSA discutait depuis près d'un an avec des partenaires pour partager un investissement qu'il n'est plus capable aujourd'hui de porter seul.
Les deux groupes, déjà partenaires industriels depuis 1992, ont un autre objectif commun : renforcer leur offre sur un marché chinois qui devrait jouir cette année encore d'une croissance à deux chiffres. Tous deux étudient ainsi la possibilité d'ouvrir une quatrième usine commune en Chine, où PSA dispose actuellement d'une capacité potentielle d'au moins 950 000 véhicules par an.
L'autre ambition partagée est de conquérir de nouveaux marchés, à commencer par les autres pays émergents d'Asie (Thaïlande, Vietnam), mais aussi l'Amérique latine où PSA reste à la peine face à ses concurrents. En multipliant au passage les synergies, sur le modèle de l'alliance Renault-Nissan.
(Source : Reuters)


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