Auréolée ces derniers mois de la popularité du pape François, l'Église catholique s'est retrouvée hier sur la défensive face aux vives critiques de l'ONU l'accusant de protéger les prêtres pédophiles.
« Une gifle », a commenté à chaud un cardinal cité par La Repubblica, après la publication du rapport du Comité des droits de l'enfant des Nations unies, selon lequel le Saint-Siège a adopté des pratiques « qui ont porté à la poursuite des abus sur des mineurs et l'impunité des coupables ». Pour l'Église catholique, le coup est d'autant plus dur que depuis l'élection du pape François, plus chaleureux et plus communicateur que son timide prédécesseur Benoît XVI, elle paraissait regagner un important capital de sympathie, y compris auprès du monde laïc. Le rapport de l'ONU l'a renvoyé à cette « honte », selon le terme utilisé par François et Benoît XVI : des dizaines de milliers d'enfants abusés par des membres du clergé dans le monde entier pendant des décennies. Des crimes aggravés par l'omerta qui les entourait, la haute hiérarchie étant accusée d'avoir protégé les coupables pour préserver la réputation de l'Église.
Depuis, « la dernière décennie a connu un changement de voie », comme le rappelle Luigi Accattoli dans le Corriere della Sera. Pour la seule période 2011-2012, près de 400 prêtres ont été défroqués, c'est-à-dire réduits à l'état laïc. Sous le pontificat de Benoît XVI, la collaboration avec les autorités civiles a été recommandée, plusieurs évêques accusés d'avoir couvert les crimes pédophiles ont dû même démissionner. Le délai de prescription de ces crimes a été porté à vingt ans après la majorité de la victime. « Avec la lenteur qui la caractérise, l'ONU n'a pas perçu le climat nouveau dans l'Église avec l'élection du pape François », dénonce l'éditorialiste Gianni Riotta dans La Repubblica. « Il y a des passages du rapport qui semblent avoir été écrits en 2010 », relève le vaticaniste Marco Politi, selon lequel toutefois le texte de l'ONU reste précieux car il « porte à la lumière tout ce qui, encore aujourd'hui, ne fonctionne pas ».
Enfin, la commission d'experts pour la protection des mineurs dans l'Église, dont la création a été annoncée en décembre dernier, doit commencer à travailler. Le Vatican a promis une réponse articulée et le dévoilement d'un plan dans les prochains jours ou semaines pour lutter contre la pédophilie, a dit son porte-parole, le père Federico Lombardi.
Lettre morte
Reste que d'autres recommandations de l'ONU prônant une approche plus souple de l'avortement ou du mariage gay resteront sans doute lettre morte, étant considérées comme des ingérences, voire un procès idéologique. « Ils ont tout mélangé et affaibli le rapport », a estimé la porte-parole de la Conférence épiscopale américaine, May Ann Walsh, ajoutant : « L'avortement et la contraception sont des thèmes qui déclenchent des guerres culturelles, alors que les abus sexuels sont un crime. » « À quel autre état membre ou observateur l'ONU demande-t-elle explicitement de changer sa Constitution ou son code civil ou pénal, comme elle le fait avec le Saint-Siège en prétendant qu'elle modifie le code du droit canon ? » s'interroge Enzo Bianchi, influent prieur de la communauté monastique de Bose, dans le nord de l'Italie. Comme le rappellent les experts, pour le Vatican, la défense de la vie, et donc la condamnation de l'euthanasie ou de l'avortement, restent des valeurs non négociables.
(Source : AFP)


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef
Je voudrais ajouter à mon commentaire précédent les informations suivantes: Selon un rapport publié en 2008 par le Réseau irlandais de crise sur les viols, 50,8 % des agresseurs sont des parents, 34 % des voisins et amis et 3,4 % des figures d'autorité (prêtre, instituteur...) D'après une étude menée en Amérique en 2002, par le "Department of Education", 6 à 10 % de tous les élèves inscrits dans les écoles publiques seraient victimes d'abus sexuels pendant leurs scolarité. Par ailleurs, une étude nationale de "l'Associated Press Investigation" portant sur la période de 2001 à 2005 a conclu que les enseignants et éducateurs coupables d'abus sexuels sont RAREMENT INQUIETES. La plupart des cas d'abus ne sont pas signalés et, quand ils le sont, c'est souvent pour être classés sans suite. Enfin, on peut s'étonner que le Parlement Européen (dont dépend, je suppose, ce fameux comité) se montre, par ailleurs, si peu frileux quand il s'agit d'accueillir en son sein un député reconnu coupable d'actes pédophiles. Pire, Cohn-Bendit – puisqu'il faut le nommer - n'a pas "avoué": il s'en est vanté (dans son autobiographie: Le Grand Bazar)!
10 h 32, le 07 février 2014