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Moyen Orient et Monde - Contestation

L’opposition ukrainienne veut la fin de la « dictature » via une réforme constitutionnelle

Ianoukovitch envisagerait des élections anticipées.

Devant le Parlement, une femme, le portrait d’Ioulia Timotchenko à la main, réclame le retour à la Constitution de 2004, adoptée après la révolution orange. Angelos Tzortzinis/AFP

L'opposition ukrainienne a demandé hier au président de mettre un terme à la « dictature » en réduisant ses pouvoirs par une réforme constitutionnelle « urgente », alors que le pouvoir a fait miroiter la possibilité d'élections anticipées. De telles élections sont réclamées depuis longtemps par l'opposition, mais une réforme constitutionnelle présente l'avantage d'une voie beaucoup plus réaliste.
Le Parlement dominé par les alliés du président Viktor Ianoukovitch n'a pas avancé sur cette réforme constitutionnelle réclamée par l'opposition comme un élément-clé pour sortir de la crise politique, alors que le pays est frappé par une vague de contestation sans précédent depuis plus de deux mois. L'un des dirigeants de l'opposition, Vitali Klitschko, s'est rendu auprès du chef de l'État pour lui demander une solution « immédiate ». Mais celui-ci lui a expliqué que la réforme accordant davantage de pouvoirs au gouvernement et au Parlement pourrait prendre « jusqu'à six mois ». « Cela fera seulement monter la fièvre dans la société », a lancé l'ex-boxeur devant les députés – qui doivent reprendre leurs travaux ce matin à l'issue de son entretien avec M. Ianoukovitch.
Le mouvement né fin novembre de la volte-face prorusse du pouvoir au détriment d'un rapprochement avec l'Union européenne s'est radicalisé et transformé en contestation radicale du régime de Viktor Ianoukovitch dont les manifestants réclament le départ. Le chef de la fraction du Parti des régions de M. Ianoukovitch, Olexandre Efremov a d'ailleurs dénoncé « l'extrémisme » des manifestants et le chaos dans les rues.
Avant les débats, le représentant du président au Parlement, Iouri Mirochnitchenko, a créé la surprise en évoquant la possibilité d'élections anticipées. Selon lui, M. Ianoukovitch a évoqué ce scénario au cours d'une rencontre avec les députés de son parti la semaine dernière, comme une solution alternative si un autre scénario, à savoir l'amnistie des manifestants arrêtés en échange de l'évacuation des bâtiments publics occupés, échouait. L'opposition a dénoncé comme « inacceptable » cette amnistie qui donne aux opposants 15 jours pour libérer les bâtiments occupés et demande la libération inconditionnelle des militants arrêtés.

« Dé-poutiniser » l'Ukraine
« Nous devons mettre fin à la dictature », a déclaré hier M. Klitschko avant de proposer le retour à la Constitution de 2004. Issu de la révolution orange pro-occidentale, ce texte qui donnait beaucoup moins de pouvoirs au chef de l'État a été annulé après l'élection de M. Ianoukovitch en 2010.
Intervenant ensuite, le chef du parti nationaliste Svoboda, Oleg Tiagnybok, a accusé le pouvoir de suivre les ordres de Moscou et appelé à « dé-poutiniser » la vie politique ukrainienne.
Le débat animé au Parlement s'est déroulé à quelques heures de l'arrivée annoncée à Kiev de la chef de la diplomatie de l'UE, Catherine Ashton, qui devrait discuter avec le pouvoir et l'opposition de l'aide financière que l'UE et les États-Unis pourraient apporter à l'Ukraine, au bord de la cessation de paiements. Mme Ashton devait dîner dans la soirée avec les chefs de l'opposition, selon la représentation de l'UE à Kiev. Elle sera reçue ce matin par le président Ianoukovitch. L'aide occidentale, encore à l'étude, dépendra de l'évolution politique en Ukraine, de la composition du futur gouvernement devant remplacer celui de Mykola Azarov, qui a démissionné la semaine dernière, et de la reprise « économique (de Kiev) via le FMI (Fonds monétaire international) », a précisé le porte-parole du département d'État, Jennifer Psaki. Dans le passé, Kiev a refusé de se plier aux conditions très rigoureuses du FMI.
Moscou a de son côté laissé entendre que la suite de la mise en œuvre de son assistance dépendrait de la couleur du gouvernement ukrainien à venir.
(Source : AFP)

 

L'opposition ukrainienne a demandé hier au président de mettre un terme à la « dictature » en réduisant ses pouvoirs par une réforme constitutionnelle « urgente », alors que le pouvoir a fait miroiter la possibilité d'élections anticipées. De telles élections sont réclamées depuis longtemps par l'opposition, mais une réforme constitutionnelle présente l'avantage d'une voie beaucoup plus réaliste.Le Parlement dominé par les alliés du président Viktor Ianoukovitch n'a pas avancé sur cette réforme constitutionnelle réclamée par l'opposition comme un élément-clé pour sortir de la crise politique, alors que le pays est frappé par une vague de contestation sans précédent depuis plus de deux mois. L'un des dirigeants de l'opposition, Vitali Klitschko, s'est rendu auprès du chef de l'État pour lui demander...
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