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Culture - Livres À Relire

« Malavita » de Tonino Benacquista

« Malavita » de Tonino Benacquista n'est certes pas un chef-d'œuvre de la littérature. Mais c'est un livre à lire pour sa description railleuse et déjantée de l'univers impitoyable de la mafia !

Tonino Benacquista en compagnie de Robert De Niro.

C'est en pleine nuit que les Blake emménagent à Cholong-sur-Avre, une paisible petite ville de Normandie. Cette famille américaine s'y installe en catimini. Fred, le père, se prétend écrivain, occupé par la rédaction d'un ouvrage sur le Débarquement. Maggie, la maman, est femme au foyer. Belle (qui porte bien son nom) et Warren, les deux adolescents, s'intègrent rapidement au collège. Et puis il y a le chien, un peu léthargique, répondant au doux nom de Malavita, qui signifie en italien « mauvaise vie » et désigne aussi, incidemment, la mafia américano-sicilienne !
En apparence, une famille ce qu'il y a de plus normal. Mais la réalité est évidemment toute autre. Car ces gens-là cachent bien des secrets.
Le premier étant que Fred Blake, de son vrai nom Giovanni Manzoni, est un repenti qui, sous la pression, a balancé ses compagnons de la mafia new-yorkaise. C'est pour cette raison – et grâce au programme de protection des témoins – qu'il se retrouve avec femme et enfants dans ce coin perdu de France. Où, pour sa sécurité, la famille est surveillée 24h sur 24 par des agents fédéraux américains, tapis dans l'ombre.
Il s'agit donc pour les Blake de se tenir à carreau. Mais quand on a été comme Fred, alias Giovanni, l'un des piliers du crime organisé, il est difficile de ne pas reprendre ses vieilles habitudes. Et même dans un bled paumé, au fin fond du Vieux Continent, il trouvera moyen d'accumuler bévues sur bévues et de faire parler de lui !
Humour noir et caricature – parfois à grosses ficelles – d'un milieu fascinant signent la facture de ce roman qui, sous le ton léger, révèle pas mal de choses sur l'organisation de la mafia. Comme aussi sur l'ambiguïté de la nature humaine. Car ses personnages sont attachants, très bien construits sous leurs allures déjantées. Fred, en particulier, tout à la fois « prince noir » et bon père de famille. Cet ex-mafieux en recherche d'une nouvelle raison de vivre, à force de se faire passer pour un écrivain, se prendra au jeu de l'écriture au point de finir par se lancer dans la rédaction de ses Mémoires... Diaboliquement cocasses!
Voilà donc une trame qui tient le lecteur en haleine tout en offrant à l'auteur un prétexte en or de se gausser aussi bien des cultures américaine que française !
Romancier, bédéiste et scénariste de films (il a, d'ailleurs, obtenu en 2006 le César de la meilleure adaptation pour De battre mon cœur s'est arrêté de Jacques Audiard), Tonino Benacquista a publié Malavita en 2004. L'histoire bien ficelée et d'une narration extrêmement fluide et visuelle se prête à merveille à une transposition sur grand écran. Que le réalisateur Luc Besson fera en 2012, signant le film éponyme avec, dans les rôles principaux, Robert De Niro (évidemment!), Michelle Pfeiffer et Tommy Lee Jones.
Sorti il y a quelques mois dans l'Hexagone, son Malavita (sur lequel les avis sont partagés) est toujours attendu dans les salles libanaises. Entre-temps, les curieux des aventures de cette famille disjonctée peuvent se plonger dans la lecture du livre (disponible en librairie en format poche). Et les accros, eux, pourront retrouver leurs 4 héros dans Malavita encore, une suite tout aussi thrillo-hilarante !

C'est en pleine nuit que les Blake emménagent à Cholong-sur-Avre, une paisible petite ville de Normandie. Cette famille américaine s'y installe en catimini. Fred, le père, se prétend écrivain, occupé par la rédaction d'un ouvrage sur le Débarquement. Maggie, la maman, est femme au foyer. Belle (qui porte bien son nom) et Warren, les deux adolescents, s'intègrent rapidement au collège. Et puis il y a le chien, un peu léthargique, répondant au doux nom de Malavita, qui signifie en italien « mauvaise vie » et désigne aussi, incidemment, la mafia américano-sicilienne !En apparence, une famille ce qu'il y a de plus normal. Mais la réalité est évidemment toute autre. Car ces gens-là cachent bien des secrets.Le premier étant que Fred Blake, de son vrai nom Giovanni Manzoni, est un repenti qui, sous la pression, a...
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