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Moyen Orient et Monde - Ukraine

« Malade », Ianoukovitch reconnaît des « erreurs »

Le président accuse l'opposition d'envenimer la situation ; nouvel ultimatum aux manifestants pour évacuer les rues de Kiev sous 15 jours.

Depuis deux mois, l’opposition ukrainienne occupe les rues de Kiev, érigeant barricades et tentes malgré la répression. Vasily Maximov/AFP

Le président ukrainien Viktor Ianoukovitch a accusé hier l'opposition d'« envenimer » la situation en refusant de libérer le centre de Kiev et en appelant la population à continuer de manifester « en raison des ambitions politiques de quelques-uns de ses dirigeants », selon un communiqué. « Faisons tout (pour rétablir) la paix et le calme, pour qu'il y ait une vie normale dans le pays », ajoute-t-il, tout en admettant « ces erreurs que font tous les pouvoirs », sans plus de précisions. « C'est que seul celui qui ne fait rien ne fait pas d'erreurs », poursuit le chef de l'État, dont la présidence a annoncé dans la matinée qu'il était en « arrêt maladie », car souffrant d'une « maladie respiratoire aiguë » et ayant une « forte fièvre ».
Selon le texte publié hier d'une loi d'amnistie, exigée par l'opposition pour les dizaines de manifestants interpellés en deux mois de contestation ayant abouti mardi à la démission de son gouvernement, et votée mercredi par la majorité propouvoir du Parlement mais assortie de conditions, le pouvoir a en fait adressé une sorte de nouvel ultimatum aux opposants. Ces conditions, d'ores et déjà rejetées par les leaders de l'opposition, qui accuse le chef d'État d'avoir violé la Constitution, imposent pour appliquer l'amnistie que les manifestants évacuent d'abord dans les 15 jours les rues, places et bâtiments administratifs occupés à Kiev et dans plusieurs régions du pays. Un responsable de l'administration présidentielle, Andriy Portnov, a précisé que les manifestants pourraient cependant continuer de se réunir sur la place de l'Indépendance à Kiev « pour y protester pacifiquement ». Ce lieu symbolique et névralgique de la contestation, aussi connu sous le nom de Maïdan, est occupé depuis deux mois nuit et jour, parsemé de tentes et de braseros, auxquels se sont ajoutées de hautes barricades.
L'opposition a exprimé sa suspicion à l'égard du pouvoir ukrainien, alors que les militants dans le centre de Kiev ne donnaient aucun signe de vouloir partir malgré le froid perçant. « J´ai le sentiment que cet homme veut nous arnaquer et essaie seulement de gagner du temps. Mais nous n´allons pas le laisser faire », a déclaré un des leaders du mouvement, l'ancien champion de boxe Vitali Klitschko, dans des déclarations reproduites hier par le quotidien allemand Bild. « Notre lutte va continuer ! » avait lancé de son côté dans la nuit le leader du parti nationaliste Svoboda, Oleg Tiagnybok, à quelques centaines de manifestants transis de froid par moins vingt degrés.

Pressions internationales
Au niveau diplomatique, le ministre allemand des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier, a exhorté hier le président Ianoukovitch à tenir les promesses qu'il a faites à l'opposition. « Mon appel au président ukrainien : il y a eu des progrès dans les discussions avec l'opposition, mais faites les choses sérieusement en tenant les promesses que vous avez faites à l'opposition », a-t-il déclaré.
Les Européens, qui craignent de voir dégénérer ce conflit ayant fait au moins quatre morts et plus de 500 blessés, selon un nouveau bilan officiel, ont aussi adressé un message d'apaisement à toutes les parties. En déplacement en Ukraine mercredi, la ministre européenne des Affaires étrangères Catherine Ashton a appelé à la fin de « la violence et (des) intimidations, d'où qu'elles viennent ». Le président américain Barack Obama a pour sa part souligné que les États-Unis défendaient le droit des Ukrainiens de « s'exprimer librement et pacifiquement », et celui d'avoir leur « mot à dire pour l'avenir du pays ».
De son côté, la Russie, qui a vivement dénoncé ce qu'elle perçoit comme des ingérences européennes en Ukraine, a affiché sa circonspection à l'égard des changements en cours à Kiev. M. Poutine a estimé qu'il fallait « attendre la formation du nouveau gouvernement », avant de continuer de mettre en œuvre l'aide économique de 15 milliards de dollars accordée en décembre à ce pays après qu'il eut renoncé à s'associer à l'UE.
(Source : AFP)

Le président ukrainien Viktor Ianoukovitch a accusé hier l'opposition d'« envenimer » la situation en refusant de libérer le centre de Kiev et en appelant la population à continuer de manifester « en raison des ambitions politiques de quelques-uns de ses dirigeants », selon un communiqué. « Faisons tout (pour rétablir) la paix et le calme, pour qu'il y ait une vie normale dans le pays », ajoute-t-il, tout en admettant « ces erreurs que font tous les pouvoirs », sans plus de précisions. « C'est que seul celui qui ne fait rien ne fait pas d'erreurs », poursuit le chef de l'État, dont la présidence a annoncé dans la matinée qu'il était en « arrêt maladie », car souffrant d'une « maladie respiratoire aiguë » et ayant une « forte fièvre ».Selon le texte publié hier d'une loi d'amnistie, exigée...
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