Les députés Ahmad Fatfat et Boutros Harb ont tous deux souligné hier que les divergences au sein du 8 Mars au sujet du dossier gouvernemental risquent non seulement de compromettre la formation du gouvernement, mais de favoriser, à terme, un vide constitutionnel.
Dans une déclaration à la presse au terme d'un entretien avec le chef des Forces libanaises, Samir Geagea, à Meerab, M. Fatfat a souligné « la responsabilité du Hezbollah dans le blocage politique, puisqu'il a dû renoncer aux idées qu'il avait proposées pour le gouvernement, sous la pression du général Michel Aoun, dont la priorité va à ses intérêts personnels liés à la présence du ministre Gebran Bassil, et à des accords conclus dans le domaine du pétrole et de l'énergie ».
M. Harb a également rebondi sur ce même point au terme d'un entretien avec l'ambassadeur des États-Unis, David Hale. « L'intérêt des chrétiens va au-delà du ministère de l'Énergie puisqu'il réside principalement dans la pérennité du Liban, de son système démocratique et de sa souveraineté. Il est dans son intérêt de ne plus avoir sur son territoire des milices plus fortes que l'État libanais qui doit, seul, garantir les droits et la liberté de la population », a indiqué M. Harb en affirmant ne pas vouloir commenter les propos du ministre Gebran Bassil et du chef du CPL, Michel Aoun, sur la nécessité que le portefeuille de l'Énergie soit attribué aux chrétiens « parce qu'il est évident que ce point est lié à des intérêts personnels et sectaires qui n'ont absolument rien à voir avec l'intérêt des chrétiens et du Liban ». « Il est regrettable, a poursuivi le parlementaire, de lier le sort des chrétiens et de leur situation stratégique à un peu de pétrole et de gaz au lieu de lier celui du Liban à la position et à la présence des chrétiens qui sont plus importantes qu'elles ne l'ont été présentées. »
MM. Fatfat et Harb se sont tous deux dit persuadés que le président Michel Sleiman et le Premier ministre désigné, Tammam Salam, ne tarderont pas à mettre en place un gouvernement du fait accompli. « Et que chacun assume alors ses responsabilités, surtout s'il veut s'en retirer », ont-ils dit, pendant que leur collègue, Antoine Zahra, plaidait de nouveau pour un gouvernement neutre.
Selon M. Fatfat, la souplesse manifestée par le Hezbollah « était une manœuvre parce que ce dernier pensait que la réaction du 14 Mars serait négative et qu'il pourrait enregistrer une victoire politique, ce qui ne s'est pas produit ». « Il donne l'impression de vouloir un gouvernement politique rassembleur, mais trouve des prétextes pour entraver sa formation, comme s'il voulait maintenir en place l'équipe Mikati qui expédie les affaires courantes. En d'autres termes, il se prépare au vide constitutionnel qui lui permettra de mettre la main sur le pays », a-t-il expliqué, au moment où M. Harb mettait également en garde contre les conséquences politiques dangereuses de ce vide.
Liban
Fatfat accuse le Hezbollah d’œuvrer pour un vide constitutionnel
OLJ / le 31 janvier 2014 à 00h00


ET QUE FAITES-VOUS POUR L'ÉVITER ? SINON Y PLONGER LA RÊTE LA PREMIÈRE ?
14 h 16, le 31 janvier 2014