M. Siniora s’est entretenu avec cheikh Jaber à Koweït, hier.
En visite au Koweït, le chef du bloc parlementaire du Futur, Fouad Siniora, a été reçu hier par le Premier ministre koweïtien, cheikh Jaber Moubarak el-Hamad al-Sabah, pour un entretien qui a porté sur la situation au Liban et dans la région, notamment en Syrie. Au cours de l'entretien qui s'est déroulé en présence de l'ambassadeur du Liban au Koweït, Khodr Halawi, cheikh Jaber al-Sabah a mis l'accent sur le soutien de son pays au Liban, affirmant que le Koweït sera aux côtés du pays du Cèdre à chaque fois qu'il le sollicitera.
Mardi soir, M. Siniora avait reçu les ambassadeurs arabes avec qui il a également passé en revue la situation dans le monde arabe, avant de prendre part à l'ouverture de la conférence annuelle des instituts et des centres de formation de la région du MENA qui a pour thème : « L'État et son potentiel humain : le défi de construction en temps de changement » et dont il était l'hôte d'honneur.
Dans le discours qu'il a prononcé pour l'occasion, l'ancien Premier ministre s'est félicité de cette initiative et souligné son importance à l'heure où des changements importants interviennent dans la région.
« Ces changements qui se produisent notamment dans les pays du printemps arabe soulèvent de nombreuses interrogations quant à la capacité de ces États à renforcer leurs aptitudes à acquérir les paramètres nécessaires à une bonne gouvernance à laquelle les populations aspirent », a déclaré M. Siniora, en estimant que la conférence offre une occasion pour discuter sérieusement de questions en rapport avec des réformes structurelles « qui sont simultanément une source d'espoir et d'inquiétude pour de nombreux responsables dans nos pays, même dans ceux qui ont opté pour le développement et la réforme à travers des moyens dont l'efficacité a été prouvée ».
Le chef du bloc du Futur a souligné ensuite la gravité de la phase transitoire que le monde arabe est en train de traverser, dans la mesure où elle déterminera, selon lui, l'avenir de la région, ainsi que ses rapports avec son environnement et avec le monde. « Cette phase se caractérise aussi par beaucoup d'opacité en raison des nombreuses obstructions politiques, sécuritaires, religieuses, sociales et économiques. Celles-ci sont compliquées et s'enchevêtrent, et limitent la capacité de nos États et sociétés arabes à réagir et à s'adapter aux exigences et aux défis du présent et de l'avenir », a-t-il ajouté, avant d'encourager les États concernés à œuvrer pour relever ces défis dans les quelques prochaines années à venir et de rappeler que l'Europe avait été confrontée à ces mêmes difficultés, après la fin de la Seconde Guerre mondiale et qu'elle avait connu de nombreux succès mais plusieurs échecs aussi. « Il n'en demeure pas moins qu'elle poursuit le processus de développement », a relevé M. Siniora, en indiquant que l'édification d'un État moderne est le principal défi auquel les pays de la région sont confrontés. « Nous devons régler les problèmes liés au passage vers des formes nouvelles d'exercice démocratique et de consolidation des libertés, à la relation entre la religion et l'État, aux appréhensions des minorités ainsi qu'aux rapports de celles-ci avec la société et l'État », a poursuivi M. Siniora qui a en outre insisté sur le développement durable.

