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Liban - La Mémoire Des 90 Ans

L’effondrement du courtage électoral

Dans « L'Orient » du 30 janvier 1934

La journée de dimanche a été marquée par des incidents caractéristiques de l'état d'esprit qui régnait dans la ville depuis mardi dernier.
À Achrafieh, au commencement de la matinée, un agent électoral de M. Ishac s'installait à une table à proximité du bureau de vote. Il alignait devant lui des piles de pièces de 50 piastres, des liasses de billets, et constituait ainsi, à la barbe des représentants de l'autorité, un bureau de courtage.
Il y avait tant de monde autour de cet individu que les agents de police ne se crurent pas en nombre suffisant pour disperser l'attroupement.
C'est alors qu'un notable, indigné par l'étalage cynique de tant d'argent destiné à l'achat des voix, balaya d'un coup de canne les files de pièces et les liasses de coupures. L'agent électoral, effleuré par le bout de la canne, prit peur et, ramassant en hâte sa monnaie, s'empressa de déguerpir, tandis qu'un de ses acolytes « encaissait » une gifle magistrale (...).
À Saint-Nicolas, un électeur qui s'approchait de l'urne, étant porteur d'un bulletin du Dr Eyoub Tabet, fut littéralement attaqué par un agent du parti adverse qui essaya de substituer au bulletin Tabet un bulletin Ishac. Furieux, l'électeur envoya une gifle à l'indiscret. Il y eut une courte bagarre et la police dut intervenir pour rétablir l'ordre.
À Medawar, il fut impossible de voter librement pendant toute la matinée. Des agents de M. Ishac s'étaient installés dans une boutique qu'ils avaient transformée en une bourse des voix (...).
Le résultat marquant la victoire écrasante du Dr Tabet fut publié à la nuit et la capitale tout entière se laissa emporter par le délire. Ce ne furent que cortèges bruyants parcourant les rues en autos et à pied, coups de révolver et de fusils, pétarades joyeuses. Toute la population était dehors et extériorisait sa joie (...). Beyrouth s'était réhabilitée. La pègre vénale était vaincue (...).

La journée de dimanche a été marquée par des incidents caractéristiques de l'état d'esprit qui régnait dans la ville depuis mardi dernier.À Achrafieh, au commencement de la matinée, un agent électoral de M. Ishac s'installait à une table à proximité du bureau de vote. Il alignait devant lui des piles de pièces de 50 piastres, des liasses de billets, et constituait ainsi, à la barbe des représentants de l'autorité, un bureau de courtage.Il y avait tant de monde autour de cet individu que les agents de police ne se crurent pas en nombre suffisant pour disperser l'attroupement.C'est alors qu'un notable, indigné par l'étalage cynique de tant d'argent destiné à l'achat des voix, balaya d'un coup de canne les files de pièces et les liasses de coupures. L'agent électoral, effleuré par le bout de la canne, prit peur et,...
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