Le chef de l’Option libanaise, Ahmad el-Assaad.
Le chef de l'Option libanaise, Ahmad el-Assaad, défend une attitude indéfectible à l'égard du Hezbollah. Sans prévoir un éventuel « anéantissement » du puissant parti chiite de la scène politique, il en préconise une « reconversion en parti politique ».
Mais cette dynamique progressive nécessiterait « l'isolement du Hezbollah », en vue de sa réintégration. Selon Ahmad el-Assaad, qui est l'une des principales personnalités chiites indépendantes opposées au projet politique du Hezbollah, il ne fait « aucun doute » que la phase de l'isolement du Hezbollah avait commencé avant l'annonce par le leader du courant du Futur, Saad Hariri, de sa disposition à participer à un gouvernement aux côtés du Hezbollah.
En effet, l'actuel gouvernement (démissionnaire) « est conduit par un seul chef d'orchestre, le Hezbollah », qui assumerait donc seul, pour l'instant, la responsabilité de l'instabilité qui menace le Liban.
« Le Hezbollah est mis à nu devant l'opinion publique libanaise, mais aussi chiite, souligne-t-il. Ce sont d'ailleurs les chiites qui sont le plus touchés par la déliquescence sécuritaire, et les rues désertes de la banlieue sud sont le reflet amplifié de ce que vivent aujourd'hui tous les Libanais », fait-il remarquer, rejetant en outre tout propos sur une soi-disant résilience de la base chiite face aux menaces d'attentat.
Dans cette lassitude ainsi décrite du Hezbollah et de sa base, l'option d' « un gouvernement d'union nationale » a été avancée pour le seul dessein de « renflouer le parti ». Plus encore, « ce cabinet laisserait, dans l'entendement libanais, l'impression d'un abandon total face au Hezbollah, sans compter qu'il transmettrait une image négative du Liban à la communauté internationale ».
D'une manière générale, le Hezbollah exploiterait la formule d'unité nationale « pour couvrir ses manœuvres et justifier ses positions ». Autrement dit, « lorsqu'il invoque la mosaïque libanaise et la nécessaire ouverture que celle-ci implique, sa marge d'action en est élargie. La mise en œuvre de sa stratégie, qui sert exclusivement les intérêts iraniens, est ainsi couverte par la même formule censée contrer l'hégémonie d'une partie ».
Asseoir une mainmise solide, officielle et déclarée ne serait pas l'objectif de ce parti, selon Ahmad el-Assaad, qui justifie sous cet angle « l'intérêt du Hezbollah à respecter l'échéance présidentielle ». Puisque « même si les trois présidents étaient tous chrétiens, le seul président effectif du pays serait le Hezbollah ».
« Les Iraniens ne lâcheront pas le Hezbollah »
C'est ainsi qu'Ahmad el-Assaad argue du « faux pas de Saad Hariri », qui aurait renfloué le parti chiite sans « décongestionner les tensions, puisque les attentats ne cesseront pas ». « Je sais que Saad Hariri n'a pas l'intime conviction de l'utilité de sa démarche, mais il en a été contraint par l'Arabie saoudite », souligne-t-il. « Les Saoudiens ont cru ainsi éviter un vide présidentiel, ignorant que le Hezbollah est le premier à refuser ce vide », précise-t-il.
« Les bonnes intentions de l'Arabie sont desservies par un défaut de stratégie et d'organisation, contrairement aux Iraniens, sérieux et persévérants, et qui ne lâcheront pas le Hezbollah, affirme Ahmad el-Assaad. Les Saoudiens doivent donc effectuer un pas substantiel visant à contrebalancer le projet iranien », relève-t-il. La nécessité d'une telle démarche s'impose du fait de « l'absentéisme des États-Unis dans la région ». « La diplomatie américaine n'a jamais été plus faible – au point d'avoir replacé la Russie comme acteur sur l'échiquier international », ajoute Ahmad el-Assaad.
Transposées sur la scène libanaise, ces considérations conduiraient soit à l'attente d'une solution en Syrie, « qui ne saurait être initiée qu'avec un retour des républicains au pouvoir », soit à une initiative libanaise qui accélérerait « l'isolation » du Hezbollah. C'est le président de la République et avec lui le Premier ministre désigné qui seraient en mesure d'œuvrer en ce sens, en formant un gouvernement neutre. « Ils auraient dû le faire bien avant, mais cette option est toujours de mise », puisque l'entente obtenue entre le Futur et le Hezbollah est « nébuleuse et inutile à cause du déséquilibre des forces ». « Même si cela risquerait de provoquer un nouveau 7 Mai, cela inciterait les Américains à plus d'efficacité en faveur de l'État libanais », souligne Ahmad el-Assaad.
En attendant, l'Option libanaise mène sa résistance contre le Hezbollah, avec pour cible la jeunesse chiite, « victime d'une culture de la mort ». « Nous voulons rendre à la jeunesse chiite la culture de la vie », déclare Ahmad el-Assaad. C'est pour contrer cette dynamique que Hachem Salman, « jeune, sage et fort », aurait été tué devant le siège de l'ambassade d'Iran. « Le dossier est complet et prouve un assassinat prémédité par le Hezbollah. Mais quel juge d'instruction osera le dire ? Le meilleur recours serait le Tribunal spécial », conclut le leader de l'Option libanaise.


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Bien dit et bien pensé. Le Hezbollah était au bord de l'isolement totale en 2005 et le Général Aoun lui a tendu la perche pour continuer son travail de sape. En 2008 Joumblatt a fait la grave erreur de plier. Aujourd'hui Hariri commet la même bêtise. Les Allies du Hezbollah ne compte presque pas dans le jeu politique. le seul c'est Aoun et celui-ci voit sa base fondre comme neige même en plein hiver. Pourquoi donner au Hezbollah les munitions supplémentaire pour continuer a saper les institutions de l’état? Tous le monde connait son projet et même s'il prétend l'avoir oublié il n'en continue pas moins son application. Il est temps de prendre le taureau par les cornes et dire non! non! et non! Sauf ....
14 h 41, le 29 janvier 2014