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Économie - Coopération

L’opération séduction de Hollande à Ankara est aussi économique

Le président français s'est clairement démarqué de son prédécesseur, Nicolas Sarkozy, rappelant à de multiples reprises les liens « historiques » liant la France et la Turquie durant sa visite d'État. Une démarche visant à redynamiser les échanges bilatéraux et qui intervient alors que le chômage en France, de l'aveu de François Hollande, n'a pas reculé.

Le président français François Hollande, s’entretenant hier à Istanbul avec son homologue turc Abdullah Gül. Bureau de presse présidentiel de Turquie/AFP

François Hollande a lancé hier une opération séduction du monde économique en Turquie, pays à forte croissance où le président français a fixé comme objectif de faire passer le volume des échanges commerciaux de 12,5 à 20 milliards d'euros.
« En cinq ans, on peut y arriver », a expliqué le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, l'un des sept membres du gouvernement français à accompagner le président pour cette visite d'État de deux jours, évoquant des investissements croisés et des coopérations dans tous les domaines.
En 2013, la France était le 8e fournisseur de la Turquie avec 6,4 milliards d'euros d'exportations et son 6e client avec 5,9 milliards d'importations. Mais entre 2002 et 2012, la part française du marché turc a chuté de moitié, de 6,3 à 3,2 %.
Un recul que les socialistes au pouvoir attribuent à l'ancien président UMP Nicolas Sarkozy, dont le quinquennat a vu un net refroidissement avec la Turquie, un pays qui ne peut selon lui rejoindre l'Union européenne (UE).
« Aujourd'hui, c'est la fin d'une période de glaciation entre nos deux pays et c'est une remise en marche mutuelle », a dit Arnaud Montebourg à des journalistes, affirmant que sous Nicolas Sarkozy, l'ambassadeur de France avait « interdiction de rencontrer le moindre officiel ». Le ministre s'est notamment félicité des accords passés avec GDF-Suez pour la construction d'une centrale nucléaire – via un consortium franco-japonais – et d'une centrale thermique.
Le patron de GDF-Suez, Gérard Mestrallet, qui était du voyage, voit lui aussi un lien « incontestable » entre économie et diplomatie. « Les relations politiques entre la France et la Turquie ont été difficiles et obscurcies à un certain moment. Manifestement, le climat se dégèle et cette visite présidentielle l'illustre. C'est bien meilleur pour l'avancement des contrats », a-t-il dit à la presse lundi à Ankara.

« Venez investir en France ! »
Pays émergent dont la croissance a parfois dépassé les 9 % ces dernières années, même si cette performance a été réduite de moitié l'an dernier et si la livre turque est en chute libre, la Turquie est devenue la 17e puissance économique du monde, a rappelé François Hollande devant des patrons turcs à Istanbul.
« Venez investir en France parce que nous avons aussi toutes les capacités pour vous accueillir, pour vous permettre de créer de la richesse, des emplois », a dit le président, qui a aussi rencontré des membres de l'organisation patronale Tusiad.
La classe moyenne turque, dont les revenus ont été multipliés par trois en dix ans, a d'énormes besoins en énergie et en infrastructures, des domaines où la France espère tirer son épingle du jeu.
François Hollande a rappelé à de multiples reprises pendant sa visite d'État les liens « historiques » qui unissent les deux pays depuis plus de cinq siècles.
Il s'est ainsi abstenu de prononcer le mot « génocide » lorsqu'il a évoqué les massacres d'Arméniens en 1915 – un terme rejeté par la Turquie mais utilisé par tous les partis en France – et n'a pas fait allusion à la répression de manifestations antigouvernementales de l'été dernier.
Le président a aussi appuyé la poursuite du processus entamé en 2005 en vue d'une éventuelle adhésion de la Turquie à l'UE, là où Nicolas Sarkozy considérait que ce pays ne fait géographiquement pas partie de l'Europe. « Vous êtes dans l'Europe, vous n'êtes pas encore dans ce qu'on appelle l'Union européenne, mais vous êtes dans l'Europe », a dit François Hollande aux côtés de son homologue Abdullah Gül, sans toutefois se prononcer clairement pour l'adhésion.

« Nous n'avons pas réussi à faire diminuer le chômage »
En parallèle, toujours lors de son déplacement en Turquie, François Hollande a admis hier que le gouvernement n'avait « pas réussi » à faire reculer le chômage en 2013, au lendemain de la publication des statistiques du mois de décembre.
« Nous n'avons pas réussi dans l'année 2013 à faire diminuer le chômage », a déclaré le chef de l'État devant la communauté française d'Istanbul, alors qu'il s'était engagé à inverser sa courbe ascendante fin 2013.
« Le chômage a augmenté de 2008 à 2012 d'un million, et il a continué à augmenter encore en 2013, plus de 170 000. C'est beaucoup », a-t-il poursuivi.
« La fin de l'année traduit une stabilisation, mais nous n'avons pas réussi dans l'année 2013 à faire diminuer le chômage. À en diminuer le rythme d'augmentation, oui. À le stabiliser, oui, en cette fin d'année. Mais pas à le diminuer », a-t-il concédé.
« Nous y avions mis les moyens nécessaires et nous continuerons à les mettre en termes d'emplois aidés, de contrats pour les jeunes, de contrats de génération, d'emplois d'avenir, de formation, a-t-il rappelé, mais nous ne pourrons faire baisser le chômage dans les prochains mois que s'il y a de la croissance. » « Nous devons être compétitifs, faire le choix de l'innovation, de la technologie, de la recherche », a également souligné François Hollande. « Le chômage, nous le ferons baisser à la seule condition que nous nous mobilisions tous, et c'est pourquoi j'ai proposé aux entreprises le pacte de responsabilité, et aux partenaires sociaux de négocier des contreparties », a-t-il insisté.
(Sources : Reuters/AFP)

François Hollande a lancé hier une opération séduction du monde économique en Turquie, pays à forte croissance où le président français a fixé comme objectif de faire passer le volume des échanges commerciaux de 12,5 à 20 milliards d'euros.« En cinq ans, on peut y arriver », a expliqué le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, l'un des sept membres du gouvernement français à accompagner le président pour cette visite d'État de deux jours, évoquant des investissements croisés et des coopérations dans tous les domaines.En 2013, la France était le 8e fournisseur de la Turquie avec 6,4 milliards d'euros d'exportations et son 6e client avec 5,9 milliards d'importations. Mais entre 2002 et 2012, la part française du marché turc a chuté de moitié, de 6,3 à 3,2 %.Un recul que les socialistes au...
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