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Culture - Photomed 2

Immersion en photographie

De Saifi Village aux Beirut Souks, Photomed a installé ses séries de photos signées par différents artistes. Une balade où l'œil s'est regorgé de lumière et de créativité.

Stratis Vogiatzis et ses pêcheurs.

Lorsque Photomed est né à Sanary il y a 3 ans, son objectif était «de trouver un équilibre entre réalité et sens, notoriété et découverte», disent les organisateurs. C'est ainsi qu'en 2013, grâce au soutien actif de l'Office du tourisme du Liban à Paris, Photomed a permis au public de découvrir entre autres le travail des photographes libanais. D'une part, Fouad Elkoury qui porte un regard distancié mais affectueux sur son pays natal, de l'autre, Tony el-Hage qui nous fait partager ses souvenirs avec les stars, mais aussi les talents émergents libanais aux multiples travaux tous différents l'un de l'autre, quoique trempés dans une même et dure réalité. Comme les organisateurs se sont proposés de transporter Photomed dans le pays invité d'honneur, le Liban accueille donc ces travaux dans différents lieux, notamment ceux de Costa Gavras et Tony el-Hage aux Souks de Beyrouth, Fouad Elkoury à la galerie SV, ainsi que la jeune photographie libanaise à l'honneur à la galerie ex-Maqam sous l'œil expert du commissaire Tony el-Hage.

À la découverte de...
Flâner aux Souks de Beyrouth et plonger dans l'album de photos personnel de Costa Gavras. Découvrir ce cinéaste mythique qui a offert au 7e art des chefs-d'œuvre comme Z, L'Aveu ou Clair de Femme dans la peau d'un photographe. Parcourir la galerie de portraits représentant sa famille ainsi que des personnalités du monde du cinéma et de la politique, notamment Romy Schneider et Yves Montand, ou Montand et Signoret, mais aussi Danielle Mitterrand. Ces photos, en noir et blanc et prises au vif lors d'un tournage ou autre, dévoilent l'intimité de ce metteur en scène engagé et l'œil subtil qu'il porte sur ses sujets.


Également dans cet espace, Tony el-Hage qui expose ses portraits de 1981 à 1985. Actuellement cofondateur de l'agence de photographie Toromoro, el-Hage a débuté son parcours de photographe à l'âge de seize ans. Arrivé à Paris à 17 ans, il prend des cours du soir et commence à publier ses clichés. De reportage en reportage, il accédera à la presse internationale. À la demande des organisateurs de Photomed, il a été nommé commissaire de l'exposition «La jeune photographie libanaise». Dans sa galerie de portraits déployés aux Souks de Beyrouth, on reconnaît de grands cinéastes comme John Huston, Clint Eastwood ou Jean-Luc Godard, ainsi que des acteurs et actrices, notamment Catherine Deneuve. Sous l'objectif avisé du photographe, les images au quotidien rendent ces célébrités plus accessibles.


Pour Stratis Vogiatzis, toujours aux Beirut Souks, qui photographie des pêcheurs de la Méditerranée issus de sept pays différents depuis quatre ans, « le travail de pêcheur est l'un des plus durs qui soient et la mer reste un grand mystère ». Clichés de petits bateaux perdus dans le « grand bleu », de poissons frétillants et surtout des conditions du travail difficile qui traduisent la dure réalité d'un pêcheur.
Quant à Fouad Elkoury, dont on peut voir les œuvres tout en se baladant à Saifi Village, il présente son Liban. «Ce sera, dit-il dans le catalogue, le Liban, de préférence dans les années de guerre... Me voilà forcé de me pencher sur mon passé.» Des images presque oubliées d'un pays de lait et de miel, mais aussi d'autres clichés pris hors du Liban comme pour accentuer la nostalgie du passé. Le farniente au Portemillio (1984) ou Le Pique-nique (1979) sont autant de souvenirs doux et tendres que signe le photographe.


À Saifi Village également, à la galerie 169, Katerina Kaloudi présente une autre facette de la Grèce. Plusieurs clichés aux sujets divers qui semblent raconter des histoires. « L'aspect le plus fascinant de la photographie est ce moment impulsif qui me pousse à capturer une image. Il n'y a pas de logique. C'est comme une révélation. » Ainsi les compositions qu'elle crée sortent de l'ordinaire et brisent le déjà-vu.

Juste à côté, dans la galerie ex-Maqam, c'est la jeune photographie libanaise qui est à l'honneur. Tony el-Hage, commissaire de cette exposition, s'explique: «Notre sélection pour Photomed est un exemple de la diversité et de la créativité libanaises. Nous avons fait le choix de sept artistes qui vivent et travaillent au Liban, mais nous espérons que d'autres auront l'occasion à l'avenir de présenter leurs travaux.» Ainsi Carole Tabet balade son regard flou sur une ville qu'elle n'apprivoise pas, tandis qu'Émile Issa recherche cette même ville sous les traits d'une belle femme évanescente. Fantômes du passé également pour Joanna Andraos, qui met en scène et recrée l'histoire d'un palais beyrouthin du XIXe siècle. Si dans ses clichés Tanya Traboulsi exprime la solitude et se dédouble, devenant ainsi sa propre compagne, Lara Zankoul, elle, crée son propre monde imaginaire, coloré et onirique. Mazen Jannoun, de son côté, capte les contrastes sociaux de la ville laissant à Ghadi Smat la tâche de découvrir les endroits insolites. «Cette jeune photographie libanaise, prometteuse, avoue Tony el-Hage, est en train d'affirmer sa présence dans le paysage culturel du pays.»

 

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