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Moyen Orient et Monde - Ukraine

Pour sortir de la crise, Ianoukovitch propose une séance extraordinaire au Parlement

Les dirigeants de l'opposition ont appelé à une trêve le temps de négocier avec le gouvernement ; l'UE somme Kiev de se plier au dialogue.

La situation était encore tendue hier matin avec des échanges de cocktails Molotov et pavés de la part des manifestants et de grenades assourdissantes par la police. Vasily Fedosenko/Reuters

Le pouvoir ukrainien a proposé de discuter au Parlement des exigences des manifestants, avant de rencontrer les leaders de l'opposition qui ont posé un ultimatum après les scènes de guérilla urbaine qui ont fait 5 morts la veille. Le président Viktor Ianoukovitch a ainsi reçu le président du Parlement Volodymyr Rybak dans l'après-midi et lui a demandé de convoquer les députés, en vue d'une « résolution rapide » de la crise, à une séance extraordinaire prévue au début de la semaine prochaine, selon un communiqué de la présidence. M. Ianoukovitch a rencontré dans la soirée les dirigeants de l'opposition, qui lui avaient lancé la veille un ultimatum après une première rencontre, lui donnant 24 heures pour entamer une réelle conciliation. Parmi ces participants figurent notamment les trois dirigeants du mouvement de contestation pro-européen engagé depuis deux mois, le boxeur Vitali Klitschko, du parti Oudar (Coup), Arséni Iatseniouk, du parti Batkivchtchina (Patrie) de l'opposante emprisonnée Ioulia Timochenko, ainsi qu'Oleg Tiagnybok, du parti nationaliste Svoboda (Liberté).
L'un des dirigeants, Vitali Klitschko, a cependant appelé à la mi-journée à une trêve le temps de ces nouvelles négociations. S'exprimant rue Grouchevski, au cœur des violents heurts qui agitent la capitale ukrainienne depuis dimanche, il a appelé au calme les manifestants massés derrière une barricade de pneus enflammés.
La situation était encore tendue hier matin avant l'annonce de cette trêve, avec des échanges de cocktails Molotov et pavés de la part des manifestants et grenades assourdissantes par la police.
Un journaliste russe couvrant les manifestations a été détenu hier pendant plus d'une heure et demie par la police qui l'a battu, selon son employeur, le site Lenta.ru.

« Mener un dialogue au plus haut niveau »
Dans ce climat de violence, les Européens ont enjoint à Kiev hier de se plier au dialogue avec les opposants qui protestent depuis maintenant deux mois et ont condamné la ligne dure qui a mené à la confrontation. Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a enjoint à M. Ianoukovitch de « mener un dialogue au plus haut niveau » lors d'un appel téléphonique et a obtenu l'assurance que le pouvoir n'allait pas décréter l'état d'urgence, selon la commission.
La chancelière allemande Angela Merkel a demandé au gouvernement ukrainien de « garantir les libertés fondamentales » et de « ne pas faire usage de violences ». Elle s'est dit « indignée » de l'adoption « à la va-vite » la semaine dernière de lois durcissant les sanctions pour les manifestants. Celles-ci ont fait redoubler la mobilisation des manifestants qui occupent le centre de Kiev depuis deux mois et ont entraîné leur radicalisation.
Intervenant mercredi soir devant des dizaines de milliers de personnes sur la place de l'Indépendance, Arséni Iatseniouk, chef de file du parti de l'opposante emprisonnée Ioulia Timochenko, avait donné « 24 heures » au pouvoir pour faire cesser « le bain de sang ». « Si cette voie n'est pas celle qui est choisie (...) nous irons tous ensemble de l'avant, même si le résultat doit être une balle en plein front », a-t-il lancé à la foule. Les manifestants dans le centre de Kiev paraissaient en effet très déterminés hier. « Le pouvoir pense qu'on ne peut pas l'atteindre, qu'il est comme Dieu. Mais en fait, il est comme Satan », a dit l'un d'eux. L'opposition réclame la convocation d'élections anticipées pour mettre fin à la contestation, née il y a deux mois du refus de M. Ianoukovitch de signer un accord d'association avec l'UE et de sa décision de se tourner vers Moscou.
L'ex-président soviétique Mikhaïl Gorbatchev a appelé les présidents russe et américain Vladimir Poutine et Barack Obama à peser personnellement pour une solution négociée. La Russie, qui a accordé à l'Ukraine un plan de sauvetage financier de 15 milliards de dollars, a promis de son côté de ne pas intervenir.

(Source : AFP)

Le pouvoir ukrainien a proposé de discuter au Parlement des exigences des manifestants, avant de rencontrer les leaders de l'opposition qui ont posé un ultimatum après les scènes de guérilla urbaine qui ont fait 5 morts la veille. Le président Viktor Ianoukovitch a ainsi reçu le président du Parlement Volodymyr Rybak dans l'après-midi et lui a demandé de convoquer les députés, en vue d'une « résolution rapide » de la crise, à une séance extraordinaire prévue au début de la semaine prochaine, selon un communiqué de la présidence. M. Ianoukovitch a rencontré dans la soirée les dirigeants de l'opposition, qui lui avaient lancé la veille un ultimatum après une première rencontre, lui donnant 24 heures pour entamer une réelle conciliation. Parmi ces participants figurent notamment les trois dirigeants du mouvement...
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