Bo et Yana sont deux minirobots qui peuvent être programmés pour jouer ensemble, s’affronter ou jouer du xylophone.
Le secteur, qui a généré en 2012 un chiffre d'affaires mondial de 1,6 milliard de dollars, essentiellement dans les segments de l'aide ménagère et du jeu, devrait en 2017 représenter un marché mondial de 6,5 milliards de dollars grâce à la forte croissance des segments du télétravail et de la sécurité, selon l'institut ABI Research.
La robotique grand public produit majoritairement des gadgets «mono-tâche» et progresse certes plus lentement que les tablettes et les smartphones, précise Philip Solis, analyste chez ABI. Mais l'intérêt que lui porte désormais le géant Google, qui vient de racheter plusieurs sociétés du secteur, pourrait stimuler le développement de l'intelligence artificielle dans la robotique «multitâche», selon M. Solis.
Bo et Yana, par exemple, deux minirobots tenant dans la paume de la main, accompagnent les premiers pas de vos bambins dans le monde de la high-tech. «Ils les initient par le jeu», explique à l'AFP Vikas Gupta, fondateur de la société californienne i-Play qui a conçu ces deux poupées «intelligentes». Elles peuvent être programmées pour jouer ensemble, s'affronter ou jouer du xylophone.
«La musique est un excellent aiguillon» pour toutes sortes d'apprentissage, selon M. Gupta, qui veut «initier les gamins à l'informatique sans les accabler d'une multitude de données complexes».
Le tandem de robots présenté par M. Gupta s'adresse à un public de cinq ans et plus. Il a vu le jour grâce à un financement participatif, précise cet ancien dirigeant de Google et Amazon.
Mais le jeu n'est qu'un des multiples domaines que vise la robotique grand public avec ses créatures capables de nettoyer un barbecue, de tenir compagnie aux personnes âgées ou malades ou de vous remplacer au bureau.
Le robot de télétravail (telepresence robot), révélé par la série télé NCIS Los Angeles, est le dernier-né de la nouvelle génération. Ce gadget fixé à une tablette permet d'envoyer votre image et de communiquer en direct, via «Face Time», avec vos collègues de bureau quand vous n'y êtes pas.
Les Japonais sont aussi très présents dans le secteur, comme la société AIST avec «Paro», un robot interactif en forme de bébé phoque conçu pour remplacer l'animal de compagnie en milieu hospitalier. Paro, doté de capteurs tactiles lumineux, auditifs et moteurs, peut ainsi réagir aux caresses et répondre à son nom.
Le français Keecker a dévoilé de son côté son nouveau gadget capable de projeter des contenus vidéo à partir d'une tablette ou d'un smartphone. «On peut ainsi vaquer à ses occupations sans être rivé à son écran de télévision», explique le président-fondateur de cette jeune pousse, Pierre Lebeau.
Grâce à ce gadget, vos enfants peuvent aussi «s'endormir paisiblement sous la Voie lactée et se réveiller sous le soleil», ajoute l'entrepreneur français.
Enfin, Thespian est encore plus innovant avec ses articulations souples «pour accroître la fluidité des mouvements et lui donner un aspect plus humain», selon l'ingénieur qui l'a conçu, Morgan Roe, pour la société britannique Engineer Arts.
Cet «humanoïde intelligent» est aussi capable de donner des conférences sur tous les sujets ou de guider une visite au musée. Il n'est pas encore interactif, «mais nous y travaillons activement», ajoute M. Roe.

