Grand Theft Auto: The Trilogy, de Take-Two Interactive Software Inc., est proposé à la vente dans un magasin à Manhattan, à New York City, le 7 février 2022. Photo d’archive Andrew Kelly / Reuters
Les outils d’intelligence artificielle avancés pourraient permettre de réduire de près de moitié les coûts de développement des jeux vidéo, libérant potentiellement environ 22 milliards de dollars de profits annuels pour les éditeurs dans le monde, selon des analystes de Morgan Stanley.
L’adoption d’outils d’IA pour automatiser des tâches telles que la création d’environnements de jeu, la génération de dialogues et les tests logiciels pourrait raccourcir les délais de production et réduire les coûts, contribuant ainsi à améliorer les marges au fil du temps, a indiqué la société de courtage dans une note datée de mardi soir. Cependant, ajoute-t-elle, ces gains ne devraient pas être répartis de manière uniforme dans l’écosystème du jeu vidéo.
La firme de Wall Street estime que les dépenses mondiales des consommateurs en jeux vidéo atteindront 275 milliards de dollars cette année, dont environ 20 % — soit près de 55 milliards — seront réinvestis dans le développement et les opérations. Traditionnellement coûteux et très gourmands en main-d’œuvre, les processus de développement pourraient devenir plus légers grâce à l’IA, qui permettrait à des équipes plus réduites de travailler et d’accélérer les améliorations après le lancement, ajoute Morgan Stanley.
Unity et Unreal
L’ampleur du développement moderne est illustrée par Grand Theft Auto VI, de Take-Two Interactive, l’un des titres les plus attendus de l’industrie, en développement depuis environ 2018 — soit cinq ans après la sortie de GTA V. Sa sortie est actuellement prévue pour novembre 2026, après plusieurs reports. « Nous observons une concentration de la valeur au sein des plateformes à grande échelle et des systèmes de découverte, en particulier chez les entreprises disposant de données propriétaires, de propriété intellectuelle et d’opérations en direct », indique la note.
Morgan Stanley ajoute que des plateformes et opérateurs de jeux comme Tencent, Sony et Roblox pourraient être parmi les principaux bénéficiaires. De grands éditeurs tels que Take-Two Interactive, Electronic Arts et Ubisoft, capables de déployer l’IA sur plusieurs titres, pourraient également en tirer profit. À l’inverse, des entreprises aux franchises plus faibles, comme Playtika et Netmarble, pourraient subir une pression accrue à mesure que l’IA réduit les coûts de production des jeux de taille intermédiaire, intensifiant la concurrence.
« Les moteurs de jeu tels que Unity et Unreal Engine font face à une issue plus tranchée : s’adapter ou être perturbés », précise la note. Au-delà des économies de coûts, l’IA pourrait également augmenter les revenus en rendant les jeux plus engageants sur la durée, ce qui stimulerait les dépenses liées aux contenus additionnels, aux achats intégrés et aux abonnements.
Plutôt que de s’appuyer principalement sur de nouvelles sorties, les éditeurs pourraient ainsi se concentrer davantage sur l’amélioration de franchises existantes grâce à des contenus générés par l’IA, atténuant ainsi l’impact financier, conclut la société de courtage.


