L’armée, déployée à Tripoli, a tenté tant bien que mal d’ouvrir le feu sur les francs-tireurs. Photo Naïm Assafiri
Tripoli n'a pas passé un week-end des plus calmes. Mais la violence des accrochages, comparée aux affrontements des jours précédents, a sensiblement diminué, laissant la place aux non moins dangereux francs-tireurs. Dans la nuit de vendredi, les accrochages se sont poursuivis encore rue de Syrie, faisant deux blessés, Ahmad Nasser et Ali Kassem. Les deux régions rivales de Bab el-Tebbané et Jabal Mohsen ont reçu leur lot d'obus, tandis que les unités de l'armée tentaient de répondre aux sources de feu pour calmer la situation. La situation s'était envenimée après la mort d'un citoyen de Jabal Mohsen, décédé des suites de ses blessures après avoir été attaqué par des inconnus à Mahallat al-Kobbé.
À l'aube de samedi, un poste de l'armée a été atteint par une roquette et un soldat a été blessé. Dans la matinée, le calme régnait dans la région, interrompu de temps à autre par les francs-tireurs, aux aguets du moindre déplacement le long de l'autoroute de Tebbané, entre Malloula et Douwar Abou Ali. En soirée, les accrochages ont repris entre les deux régions, malgré les efforts de l'armée pour riposter aux tirs. Peu avant minuit, les habitants de Beddaoui ont coupé la route dans leur région pour protester contre l'arrestation par l'armée de trois Tripolitains. À 9 heures le matin, dimanche, ils ont coupé la route de nouveau, créant un embouteillage monstre dans la région, alors que les tirs de snipers se poursuivaient. En soirée, les accrochages ont repris de plus belle, plus violents.
En deux jours, une personne a été tuée, Abir Kayal, et plus de 22 personnes ont été blessées, dont trois soldats. Une violence qui ne peut être dissociée des incidents douloureux vécus par le Hermel et Ersal durant la semaine écoulée.
Sur un autre plan, des tracts ont été distribués durant le week-end à Bab el-Tebbané, refusant les positions de l'ancien Premier ministre Saad Hariri en ce qui concerne la formation d'un nouveau cabinet, et estimant que « Hariri a innocenté le Hezbollah et les auteurs du double attentat des mosquées al-Taqwa et al-Salam ».


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