Des soldats irakiens se reposent entre deux escarmouches à Ramadi. Azher Shallal/AFP
L'armée irakienne a lancé hier un assaut sur la ville de Ramadi, partiellement aux mains d'insurgés depuis des semaines, selon des responsables militaires et un officier de police dans la ville, tentative de mettre fin à une crise déclenchée le 30 décembre. Les troupes au sol étaient soutenues par des hélicoptères, et tout déplacement dans la ville est formellement interdit, a annoncé un porte-parole de l'armée, Mohammad al-Askari. « L'armée irakienne a lancé une vaste opération (...) contre l'État islamique en Irak et au Levant (EIIL, ou Daech), el-Qaëda et les terroristes (...) », a précisé M. Askari, cité par la télévision d'État Iraqiya. Selon un officier de police à Ramadi, des policiers, des membres de tribu et des forces spéciales participent à l'assaut. Des hélicoptères font également feu sur le quartier du stade, détenu par les insurgés, a-t-il ajouté sous couvert d'anonymat, ce qu'a confirmé un journaliste sur place.
L'assaut intervient deux jours après une opération similaire contre un camp d'insurgés à al-Boubali, une zone rurale située entre Ramadi et Falloujah, où les responsables de sécurité affirment que de nombreux hommes armés ont trouvé refuge. Les troupes qui cherchent à reprendre al-Boubali ont cependant été freinées par la crainte de la présence de snipers et d'armes antiaériennes, ainsi que par le mauvais temps. Falloujah est, elle, encore aux mains des insurgés.
De son côté, dans un message audio mis en ligne hier sur des forums jihadistes, Daech a appelé ses combattants à marcher sur Bagdad. « Il s'agit d'une occasion unique, ne la gâchez pas », indique dans ce message un homme présenté comme Abou Bakr al-Baghdadi, le chef de l'organisation. « Fils de l'État (islamique) d'Irak, vous êtes plus forts qu'une montagne. Soyez le fer de lance de la bataille contre les safavides, restez en première ligne, et marchez sur Bagdad et sur le Sud », poursuit-il.
Ailleurs dans le pays, où les violences ne connaissent aucun répit, 9 personnes sont mortes dans des attaques au nord de Bagdad. Samedi, des attentats à la voiture
piégée ont fait 25 morts dans la capitale. L'Irak est entraîné dans une spirale de violence qui semble empirer jour après jour. Au moins 650 personnes sont mortes depuis le début du mois de janvier.
Des pays « diaboliques »
Diplomates et analystes s'accordent à dire que les autorités majoritairement chiites doivent prendre en compte le sentiment d'abandon et de marginalisation de la communauté sunnite, considéré comme un facteur de ces violences. Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a appelé les autorités irakiennes à mener une politique de réconciliation nationale pour mettre fin aux heurts. Toutefois, le Premier ministre irakien, Nouri al-Maliki, a affirmé que ceux-ci n'étaient pas la conséquence de problèmes internes mais de forces étrangères au pays. Ainsi hier, il a accusé des pays arabes « diaboliques et traîtres » de jouer un rôle dans les violences.
M. Maliki a affirmé que des kamikazes venaient en Irak depuis le Maroc, la Libye et le Yémen, mais sans préciser quels étaient les pays qui soutiennent, selon lui, les extrémistes. « L'Irak est une cible pour certains pays qui soutiennent le terrorisme et la malfaisance », a-t-il déclaré. « Le monde s'est rangé de
notre côté. Le Conseil de sécurité, l'Union européenne et la plupart des pays arabes (...) », a-t-il continué. M. Maliki a averti que les pays soutenant la violence en Irak souffriraient à leur tour, estimant que « ce mal a commencé à s'étendre, et atteindra ces mêmes pays comme il en a atteint d'autres auparavant ».


Poutine estime que le conflit en Iran a détourné l'attention de Washington de l'Ukraine
Il use, ce noûrî, de la même terminologie débile et surannée que le nusaïyrî !
02 h 55, le 20 janvier 2014