Avec une inflation de 1,2 % sur un an en novembre, les États-Unis n'ont, à première vue, pas grand-chose à envier à la zone euro (0,9 %) concernant le risque de déflation. Deux différences cruciales doivent toutefois être notées. D'une part, le repli de l'inflation américaine depuis le début de l'année est moins fort qu'en Europe (-0,5 pp vs -1,4 pp). D'autre part, l'inflation hors énergie et nourriture est à 1,7 %, soit 1 point de plus qu'en zone euro. La faiblesse de l'inflation US s'explique par un fort recul des prix de l'énergie (-2,4 % sur un an) et paraît avant tout cyclique. L'inflation dans les services reste assez soutenue (+2,4 % sur un an) et, par ailleurs, les salaires sont repartis à la hausse. Cet état de choses est assez positif pour la Fed. En effet, celle-ci s'est engagée à garder sa politique de taux zéro au moins jusqu'en 2015. La chute du chômage et l'accélération générale de l'économie qui se dessine pourraient mettre cette promesse à rude épreuve. La faiblesse de l'inflation, sans être assez grave pour justifier des actions spécifiques, pourrait lui permettre de tenir sa promesse tout en respectant son double mandat. En décembre, le consensus attend une inflation en hausse de +0,3 % sur un mois qui continuerait le processus de normalisation.

