Le chef-lieu de la province d'al-Anbar dans l'Ouest irakien, théâtre de combats depuis deux semaines, était toujours contrôlée en partie par des hommes armés mais des fonctionnaires ont repris le travail hier dans d'autres quartiers sécurisés par les forces de l'ordre. Selon la police, après la reconquête de deux quartiers de Ramadi vendredi par les forces irakiennes appuyées par des tribus alliées, deux autres districts de Ramadi restaient encore aux mains d'insurgés, qui contrôlaient également l'intégralité de la ville de Falloujah, distante d'une quarantaine de kilomètres. À al-Boubali, une localité située entre Falloujah et Ramadi, les forces de sécurité étaient aux prises hier avec des combattants liés à el-Qaëda, a indiqué un policier. Le porte-parole des services antiterroristes, Sabah Noori, a précisé que plusieurs de ses hommes étaient portés disparus dans cette zone connue pour être un bastion du réseau extrémiste.
Quelques jours après le démantèlement à Ramadi d'un camp de protestataires sunnites antigouvernementaux, des centaines d'hommes armés, dont des jihadistes de l'État islamique en Irak et au Levant (EIIL ou Daech, lié à el-Qaëda), ont pris le contrôle de Falloujah. Samedi, des habitants ayant fui cette ville en raison des combats et des difficultés d'approvisionnement en eau, nourriture et carburant, ont commencé à revenir. La plupart des commerces ont également rouvert dans Falloujah, contrôlée selon des responsables tribaux à la fois par des jihadistes et des membres de tribus hostiles au gouvernement. Après avoir déployé des renforts tout autour de la ville, l'armée a assuré qu'elle ne mènerait pas d'assauts dans l'immédiat, pour éviter des victimes civiles.
Pendant ce temps, de nouvelles attaques ont fait au moins 34 morts hier dans de nouvelles violences dans et autour de Bagdad. Pour cette année, le bilan des violences depuis le début du mois a déjà dépassé celui de l'ensemble de janvier 2013, avec plus de 440 morts. Les violences avaient fait plus de 6 800 morts en 2013.
Pour mémoire
Reprendre Fallouja, mission presque impossible pour l'armée irakienne ?

