La Constituante tunisienne poursuivait hier l'examen de la future Loi fondamentale et les pourparlers sur la composition de la Commission électorale, point sur lequel un compromis est essentiel pour permettre la démission du gouvernement dirigé par les islamistes d'Ennahda et sauver leur bilan.
À la mi-journée, 41 articles de la future Constitution avaient été approuvés par les élus, soit un peu moins du tiers du texte que la classe politique s'est engagée à achever avant le 14 janvier, 3e anniversaire de la révolution. Les différents partis veulent dégager un compromis sur l'ensemble du texte pour s'assurer qu'il recueille les votes des deux tiers des élus et éviter un référendum. Les députés examinent depuis lundi le deuxième chapitre du projet, qui a trait aux « droits et libertés ».
En attendant, des juges ont entamé hier une grève de trois jours, estimant que l'indépendance de la justice n'était pas garantie dans le projet de Constitution en cours d'examen, selon l'Association des magistrats tunisiens (AMT). Le mouvement vise aussi à dénoncer le refus, selon l'association, du gouvernement de mettre en œuvre les mutations et promotions décidées par l'Instance provisoire de l'ordre judiciaire.
Par ailleurs, une commission au sein de l'Assemblée nationale constituante (ANC) poursuivait les négociations afin de dégager neuf noms consensuels pour composer la future Instance supérieure indépendante pour les élections (ISIE). La formation de cette institution qui aura pour tâche d'organiser les élections en 2014 doit ouvrir la voie à la démission du gouvernement dirigé par l'islamiste Ali Larayedh et résoudre ainsi une profonde crise déclenchée par l'assassinat le 25 juillet du député de gauche Mohammad Brahmi.
Le parti islamiste Ennahda s'est engagé à laisser le pouvoir à un cabinet d'indépendants dirigé par le ministre sortant de l'Industrie, Mehdi Jomaâ, à condition que l'ANC achève ses travaux en conformité avec un calendrier approuvé par l'essentiel de la classe politique. Le principal médiateur de la crise politique, le syndicat UGTT, a exigé que le Premier ministre Larayedh démissionne au plus tard le 9 janvier. Élue en octobre 2011, la Constituante devait achever sa mission en un an, mais le processus a été ralenti par un climat politique délétère, l'essor de groupes jihadistes armés et des conflits sociaux.
(Source : AFP)


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