« Nous devons respecter l’intelligence des gens et être sincère avec eux, dans les paroles et les actes », a affirmé le chef de l’État.
C'est un véritable ras-le-bol que le chef de l'État, Michel Sleiman, a exprimé lundi face au blocage politique. Excédé, il a appelé les différentes parties politiques à « respecter l'intelligence des Libanais », démontant les arguments développés et qui sont à la base de la paralysie actuelle.
Le président Michel Sleiman a parrainé lundi l'inauguration du siège rénové de la Chambre de commerce, d'industrie et d'agriculture de Beyrouth et du Mont-Liban. La cérémonie s'est déroulée en présence du Premier ministre désigné, Tammam Salam, et d'un grand nombre d'officiels (voir aussi page 8). Dans le discours qu'il a prononcé pour l'occasion, il a d'emblée insisté sur les défis auxquels le Liban est confronté avant de plaider pour une normalisation de la vie institutionnelle. « Nous faisons face aujourd'hui à une série de défis, notamment le problème des réfugiés syriens et les conséquences négatives de la crise syrienne, a-t-il déclaré. Nous devons intensifier les efforts pour préserver la sécurité et mettre fin aux attentats terroristes (...), assainir le discours politique, resserrer les rangs sur base de la déclaration de Baabda. Mais dans ce cadre, nous devons nous poser les questions suivantes : avons-nous fourni l'effort nécessaire pour préserver notre unité nationale ? Avons-nous agi avec une responsabilité qui est à la hauteur de la confiance placée en nous par ceux qui nous soutiennent ? » a poursuivi le président, qui a ensuite mis l'accent sur la nécessité de « lancer un chantier global de réformes ».
« La voie devant déboucher sur la réalisation de ces objectifs passe impérativement par des institutions fortes et bien implantées, assumant leur rôle constitutionnel au double plan législatif et exécutif, et dont la productivité rejoindra celle du secteur privé qu'il est nécessaire d'impliquer dans l'élaboration de politiques appropriées, loin de la politique politicienne », a ajouté M. Sleiman. Et de poursuivre : « Mais tout cela reste impossible si nous ne formons pas un gouvernement capable de gérer les affaires publiques, de rassurer de nouveau les investisseurs et d'accompagner les échéances constitutionnelles. »
« Nous avons des comptes à rendre au peuple, a aussi déclaré le chef de l'État. Nous devons respecter l'intelligence des gens et être sincère avec eux, dans les paroles et les actes. Est-il permis que la communauté internationale et les États frères soient plus soucieux que nous de notre stabilité politique, économique et de sécurité ? Est-il logique (de dire) que l'initiative du groupe international de soutien au Liban, de l'Arabie saoudite et, bientôt, de l'Italie, pour soutenir le Liban et son armée vise à promouvoir une prolongation du mandat présidentiel ou à mettre en place un gouvernement d'une couleur et d'une composition déterminée ? Pouvons-nous convaincre les gens que ces États ont besoin, pour leur stabilité, d'une prorogation du mandat du président ou d'un gouvernement déterminé ? » s'est interrogé le chef de l'État, qui a poursuivi sur le même ton : « Est-ce que le maintien du pays sans gouvernement, en présence d'un gouvernement démissionnaire, est susceptible d'assurer l'organisation de la présidentielle avant le 25 mai ? Est-ce que l'absence d'une entente autour d'un gouvernement fédérateur doit nous obliger à rester sans gouvernement ? Est-ce qu'une entente autour d'un gouvernement est synonyme de réalisation de l'entente nationale ? Et s'il n'est pas possible de former une équipe ministérielle fédératrice, les Libanais qui n'appartiennent à aucun parti politique n'ont-ils pas le droit de contribuer au redressement de leur pays et de le protéger, dans le cadre d'un gouvernement neutre ? Sont-ils déchus de leurs droits nationaux et politiques ? Sont-ils les seuls à porter un coup à l'entente nationale ? »
Et le président Sleiman d'ajouter : « De grâce, dites-moi si le rôle du président se limite à continuer de rejeter l'organigramme ministériel proposé par un Premier ministre désigné par 124 députés. Quel est le délai maximal qui lui est imparti ? Êtes-vous persuadés que la composition du gouvernement détermine le choix d'un président ? Non, le Libanais est beaucoup plus intelligent que cela », a encore dit le président en relevant que « le citoyen libanais sait parfaitement comment les échéances sont bloquées, comment la prolongation du mandat (de la Chambre) s'est produite, comment les conseils (constitutionnel en l'occurrence) ont été paralysés, comment les quorums ont sauté, entre autres difficultés et complications ».
Il a ensuite souligné qu'en dépit de ce tableau, le dialogue n'est pas interrompu, avant d'exprimer l'espoir que M. Salam parviendra dans les délais les plus brefs à trouver une formule ministérielle qui sortirait le pays de la crise constitutionnelle.
M. Sleiman a ensuite abordé la situation économique, en exposant les grandes lignes d'une politique qui devrait, selon lui, remettre le pays sur la voie d'un redressement, dont les projets de prospection pétrolière et gazière en Méditerranée. Il a plaidé dans ce cadre en faveur d'un règlement rapide du conflit autour des frontières maritimes et mis en garde dans le même temps contre toute précipitation dans l'adjudication des travaux de prospection en expliquant les dangers d'une surproduction sur l'économie nationale.
Il s'est arrêté sur le dossier des réfugiés syrien, en rappelant que le Liban a besoin de près de sept milliards de dollars pour pouvoir faire face à l'impact de la guerre en Syrie sur l'économie nationale. Le chef de l'État s'est ensuite prononcé en faveur de la décentralisation administrative, avant de conclure en exprimant l'espoir que « le peuple libanais ne permettra pas à ceux qui essaient de l'entraîner vers la discorde et les conflits, de lui voler ses rêves et d'exposer son avenir et celui de ses enfants à un danger certain ».


LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE S'ADRESSE À LA LOGIQUE ET AU PATRIOTISME ! LE MALHEUR C'EST QU'ILS FONT TOUS LES DEUX ÉNORMÉMENT DÉFAUT AU LIBAN...
21 h 10, le 08 janvier 2014