Deux personnes ont péri mercredi à Alexandrie lors de heurts entre la police et des partisans du président islamiste destitué Mohammad Morsi, ont indiqué des responsables des services de sécurité. La coalition pro-Morsi, qui chapeaute la mobilisation islamiste en Égypte, a affirmé que les deux victimes étaient des manifestants. L'un des deux hommes tués a été mortellement touché par une balle à la tête, ont précisé les responsables de la sécurité. De son côté, la télévision d'État a indiqué qu'un officier de police avait également été blessé par balle, mais se trouvait dans un état stable. La police a affirmé n'avoir utilisé que des grenades lacrymogènes, accusant les islamistes d'avoir fait usage d'armes à feu, tandis que la coalition pro-Morsi accusait « les milices du pouvoir putschiste » d'avoir tué les deux hommes et fait trois autres blessés.
Ces violences interviennent alors que l'Alliance anticoup d'État, coalition pro-Morsi chapeautée par les Frères musulmans, la confrérie du chef d'État destitué, a appelé « à une grève nationale décisive et graduelle », après que le gouvernement a déclaré « terroriste » le mouvement islamiste vieux de 85 ans. Ainsi, mercredi, la police a tiré des gaz lacrymogènes sur des centaines d'étudiants qui manifestaient près du ministère de la Défense au Caire, selon le journal al-Ahram. Plusieurs étudiants ont été arrêtés, notamment parce qu'ils scandaient des slogans hostiles à la police et l'armée. La police a également dispersé à coup de grenades lacrymogènes des étudiants pro et anti-Morsi qui s'affrontaient à Zagazig, la ville natale de M. Morsi dans le delta du Nil.
Dans la ville de Beni Souef, dans le sud du pays, un militant du Courant populaire, un mouvement de gauche, a été arrêté et son ordinateur portable confisqué, a déclaré le mouvement. Selon une source policière, il avait posté des commentaires contre l'armée et la police sur les réseaux sociaux.
En attendant, M. Morsi sera jugé le 28 janvier avec 130 coaccusés, dont des membres du Hamas et du Hezbollah, pour évasion de prison durant la révolte de 2011, a-t-on appris de sources judiciaires. M. Morsi est actuellement poursuivi dans trois affaires. Outre les attaques contre des prisons et son évasion début 2011, il doit répondre de complicité de meurtres de manifestants lorsqu'il était au pouvoir et sera aussi jugé pour « espionnage » en vue de mener des « actions terroristes » impliquant le Hamas et des groupes jihadistes.
(Source : AFP)

