Mgr Gabriele Caccia remettant au mufti Kabbani la copie d’un ouvrage sur la visite papale au Liban. Photo Nasser Trabulsi
Un jour après avoir été conspué aux obsèques du jeune Mohammad Chaar, victime de l'attentat qui visait l'ancien ministre Mohammad Chatah vendredi, le mufti de la République Mohammad Rachid Kabbani a reçu hier de nombreux appels de soutien, notamment de la part du président de la République Michel Sleiman, du président du Parlement Nabih Berry, du vice-président du Conseil supérieur chiite, cheikh Abdel Amir Kabalan, du cheikh Akl druze Naïm Hassan et de nombreuses autres personnalités.
Rappelons que les obsèques de la jeune victime avaient eu lieu à la mosquée Khachokgi à Beyrouth, et que le mufti y avait fait son apparition inopinément, alors qu'il avait envoyé un représentant pour la prière. La foule avait laissé éclater sa colère contre l'homme religieux qui est désavoué depuis un certain temps par les sunnites du 14 Mars. Il avait dû rester dans la mosquée durant des heures avant d'en sortir grâce à l'intervention des forces de l'ordre.
Hier, cheikh Kabbani a reçu le nonce apostolique Mgr Gabriele Caccia qui lui a livré une copie du message du pape François au monde à l'occasion de la nouvelle année et qui en a profité pour dénoncer l'incident de la mosquée Khachokgi. Le mufti a reçu également des délégations de plusieurs régions, venues lui exprimer leur soutien.
Par ailleurs, les réactions à l'incident se sont multipliées hier, la plupart condamnant clairement les atteintes contre la personne du mufti. La plus mitigée était celle de Omar Meskaoui, vice-président du Conseil islamique chérié. Il a dénoncé « ce à quoi a été exposé le mufti, qui a surpris la foule aux obsèques alors qu'elle était en proie à la colère et à la peine ». « Nous assurons qu'un tel manque de respect à la personne du mufti est inacceptable, quelles que soient ses causes et malgré nos réserves concernant sa prestation », a-t-il ajouté.
Le député de la Jamaa islamiya, Imad Hout, qui avait contribué à sortir le mufti de la mosquée la veille, a estimé qu'il y avait une volonté de discorde près de la mosquée ce jour-là. Pour lui, « la partie responsable de l'assassinat (de l'ancien ministre Chatah) a suggéré au mufti de se rendre personnellement aux obsèques du jeune Mohammad, sachant que les esprits sont échauffés et qu'il y a des réserves à l'encontre de ses prises de position ».
Une des réactions les plus remarquées est venue du Hezbollah, qui a « fortement dénoncé l'agression condamnable contre le mufti ». Il y a vu « une vulgaire tentative d'exploitation politique du sang des martyrs de la part de certains ».
Le président du Mouvement du Tawhid islamique, cheikh Hachem Minkara, a dénoncé l'incident et l'a qualifié de « conspiration ». Quant au président du Conseil islamique alaouite, cheikh Assad Assi, il s'est dit « attristé par les atteintes contre une autorité comme le mufti ». Il s'est demandé pourquoi « certains partis politiques, qui devraient adopter le langage du dialogue, s'emploient à proférer des insultes ». Enfin, les wakfs islamiques à Halba, Akkar, ont tenu une réunion pour appeler à l'arrêt des campagnes de diffamation contre le mufti.


Ou, quand la Maison Fa et Toi est dans tous ses états !
10 h 11, le 31 décembre 2013