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Moyen Orient et Monde - Pakistan

Musharraf se dit victime d’une « vendetta »

L’ex-président pakistanais, le général Pervez Musharraf, accueillant les journalistes dans sa villa d’inspiration marocaine. Farooq Naeem/AFP

L'ex-président pakistanais Pervez Musharraf a qualifié hier de « vendetta » le tribunal mis sur pied afin de le juger et a affirmé avoir le soutien de « toute l'armée » dans cette affaire hypersensible pour un pays mené pendant trois décennies par les militaires. Le gouvernement d'Islamabad a créé le mois dernier un tribunal spécial afin de juger M. Musharraf pour « haute trahison », un crime passible de la peine de mort au Pakistan, pour avoir suspendu la Constitution et imposé l'état d'urgence en 2007 alors qu'il était au pouvoir.
« La manière dont le tribunal a été créé, avec l'implication du Premier ministre et de l'ancien chef de la Cour suprême, sent un peu trop la vendetta », a déclaré M. Musharraf à un petit groupe de journalistes dans sa villa en banlieue d'Islamabad, où il a été assigné à résidence pendant six mois, d'avril à novembre. Il s'agissait de ses premières déclarations à la presse étrangère depuis avril, qui interviennent d'ailleurs à un moment crucial, à trois jours de sa comparution attendue, le 1er janvier, devant ce tribunal.
M. Musharraf, 70 ans, au pouvoir de son coup d'État fin 1999 à sa destitution à l'été 2008, était rentré au Pakistan en mars après quatre années d'exil volontaire dans l'espoir de « sauver » son pays du « terrorisme » et de participer aux élections de mai. Mais l'ancien chef de l'armée a été rapidement rattrapé par la justice qui l'a assigné à résidence pour son rôle présumé dans le meurtre de son ancienne rivale Benazir Bhutto, dans celui du chef rebelle Akbar Bugti, pour le renvoi de juges en 2007 et pour l'opération sanglante la même année contre la mosquée Rouge d'Islamabad où se terraient des islamistes armés.
Or, l'ex-allié des États-Unis dans leur « guerre contre le terrorisme » a obtenu à la mi-novembre sa libération conditionnelle dans ces affaires. Mais le Premier ministre Nawaz Sharif, renversé en 1999 par M. Musharraf et de retour aux affaires grâce à sa victoire aux élections de mai, a aussitôt annoncé la création du tribunal afin de juger son ennemi juré. « Clairement, je ne peux pas dire que je me sens très bien... car jusqu'à présent, de ce que j'ai vu, la justice a été bafouée », a déclaré M. Musharraf à propos de ces nouvelles accusations, dans sa maison d'inspiration marocaine décorée de sabres, de fusils et de photos.
M. Musharraf, qui s'était aliéné la magistrature et les islamistes lorsqu'il était à la tête de l'État, devait comparaître à la veille de Noël dans cette affaire, mais a été exempté in extremis après la découverte de cinq kilos d'explosifs en bordure de la route que son convoi devait emprunter pour se rendre au tribunal. Se présentera-t-il au tribunal le 1er janvier lors d'une audience au cours de laquelle la justice doit lire les charges de « trahison » qui pèsent contre lui ? « Je n'ai aucun problème à me présenter devant un tribunal ou n'importe quelle cour juste pour me défendre », a-t-il lancé, en réservant toutefois pour le moment sa décision car ses avocats remettent en cause la légalité même de ce tribunal spécial.

L'armée irritée
Ce procès irrite de nombreux ténors au sein de l'armée pakistanaise et pourrait à terme, selon des analystes, contribuer à redéfinir la relation entre le pouvoir civil et les militaires dans un pays qui a vu trois gouvernements renversés par l'armée depuis sa création en 1947. « Je dirais que toute l'armée est outrée... Je n'ai aucun doute, en me fondant sur les échos que j'ai eus, que l'armée est totalement derrière moi dans cette affaire », a déclaré M. Musharraf, sans spéculer sur la réaction de ses anciens frères d'armes s'il était condamné pour trahison et tout en plaidant pour des relations « harmonieuses » entre les civils et les militaires. « Quiconque tente toutefois de faire pression sur l'armée, de l'humilier, de l'ébranler ou de la démoraliser agit contre les intérêts du Pakistan », prévient-il. Et « lorsque vous faites du tort à un ex-chef de l'armée, vous perturbez ses rangs », a-t-il accusé le pouvoir.
« Certes, il y a sans doute des éléments au sein de l'armée qui seront favorables (à Musharraf) s'il est humilié ou s'il tombe en disgrâce, mais dire que toute l'armée est outrée est une exagération », a commenté Talat Masood, ancien général devenu analyste.
Même s'il n'est pas condamné dans ces affaires, M. Musharraf ne peut quitter le Pakistan car son nom figure sur une liste noire de personnalités interdites de séjour à l'étranger. Dans sa villa aux allures de prison dorée, M. Musharraf espère redevenir « un homme libre ». « Est-ce bien le sort que j'ai mérité après tout ce que j'ai fait pour ce pays ? » demande-t-il.

(Source : AFP)

L'ex-président pakistanais Pervez Musharraf a qualifié hier de « vendetta » le tribunal mis sur pied afin de le juger et a affirmé avoir le soutien de « toute l'armée » dans cette affaire hypersensible pour un pays mené pendant trois décennies par les militaires. Le gouvernement d'Islamabad a créé le mois dernier un tribunal spécial afin de juger M. Musharraf pour « haute trahison », un crime passible de la peine de mort au Pakistan, pour avoir suspendu la Constitution et imposé l'état d'urgence en 2007 alors qu'il était au pouvoir.« La manière dont le tribunal a été créé, avec l'implication du Premier ministre et de l'ancien chef de la Cour suprême, sent un peu trop la vendetta », a déclaré M. Musharraf à un petit groupe de journalistes dans sa villa en banlieue d'Islamabad, où il a été assigné...
commentaires (1)

Je ne sais pasqui est le "journaliste"(sic!) de l'AFP qui a écrit cet article...trouver moyen de ne pas mentionner une seule fois l'assassinat de Mme Bhutto est une espèce d'exploit "journalistique".

GEDEON Christian

04 h 01, le 30 décembre 2013

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Commentaires (1)

  • Je ne sais pasqui est le "journaliste"(sic!) de l'AFP qui a écrit cet article...trouver moyen de ne pas mentionner une seule fois l'assassinat de Mme Bhutto est une espèce d'exploit "journalistique".

    GEDEON Christian

    04 h 01, le 30 décembre 2013

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