Les bombardements contre Alep et sa région ne connaissent pas de répit. Le régime largue des barils d’explosifs remplis de TNT sur les zones rebelles et a fait plus de 330 tués en huit jours. Saad Abou Brahim/Reuters
Les raids de l'armée de l'air syrienne contre des secteurs rebelles à Alep ont fait des centaines de morts en huit jours, à un mois de la conférence de paix Genève 2 censée trouver une issue au conflit. « Du 15 au 22 décembre, 301 personnes ont péri, dont 87 enfants, 30 femmes et 30 rebelles », a précisé l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). Pour la seule journée d'hier, au moins 30 personnes, dont 12 enfants et deux femmes, ont été tuées lors du largage de barils remplis de TNT contre les quartiers rebelles de Marjé et Soukkari, dans le sud-est d'Alep, a également annoncé l'OSDH.
Cette offensive meurtrière intervient alors que le régime de Bachar el-Assad engrange depuis plusieurs semaines des succès militaires et profite du silence international, selon des experts. Une source de sécurité à Damas a indiqué que le recours de l'armée aux raids aériens dans la province d'Alep visait à appuyer ses effectifs limités au sol et que les lourds bilans venaient du fait que les positions rebelles se trouvaient au milieu de civils. Dimanche, des militants à Alep ont diffusé une vidéo montrant des enfants fuyant une école visée selon eux par les bombardements à Marea, une localité rebelle de la province. Des enfants en état de choc, couverts de poussière et ensanglantés sont secourus par des hommes dans une classe, au milieu des gravats et des cris.
L'opposition syrienne et des ONG accusent les forces du régime de larguer des « barils d'explosifs » remplis de TNT sur ces zones rebelles pour briser le moral de la population et la monter contre les insurgés. Si officiellement le régime ne reconnaît pas le recours à ces barils, une source de sécurité a affirmé que cette technique était moins coûteuse que des missiles.
Depuis le début en mars 2011 de la révolte, le régime affirme combattre des « terroristes » financés par l'étranger. « Le pays fait face à une pensée takfiriste (terme désignant l'extrémisme musulman). Il s'agit d'un terrorisme sans limite, d'un fléau international qui pourrait frapper n'importe où et n'importe quand », a ainsi martelé hier M. Assad en recevant une délégation australienne venue exprimer « sa solidarité » avec le régime de Damas, selon l'agence SANA. M. Assad a en outre critiqué « certains dirigeants occidentaux » qui « se comportent avec duplicité et agissent en fonction de leurs intérêts
égoïstes, sans rien comprendre à la réalité ni à la nature » du conflit syrien.
D'après Salman Shaikh, directeur du Brookings Doha Center, le régime mène ses offensives sans être vraiment inquiet d'une éventuelle réaction de la communauté internationale. « Il n'y a plus de lignes rouges, il y a désormais un feu vert », affirme-t-il. Selon lui, le discours dominant désormais des pays occidentaux est que le régime Assad est devenu le moins pire des scénarios face aux jihadistes, dont une partie non négligeable vient d'Europe. Pour M. Shaikh, le régime cherche à arriver en position de force à la conférence de paix Genève 2, à l'orée de laquelle l'opposition semble de plus en plus affaiblie.
Concernant cette conférence, la Coalition de l'opposition a prévenu hier qu'elle n'y participerait pas si les raids de l'armée sur Alep se poursuivaient. « Si les pays (étrangers) ne peuvent pas faire pression sur le régime pour qu'il arrête ses opérations de destructions (...), comment peuvent-ils faire pression sur le régime à Genève 2 pour obtenir une solution politique ? » a argué la Coalition. En outre, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a annoncé qu'il lancerait avant fin décembre les invitations formelles à la conférence de paix et a plaidé une nouvelle fois pour une participation de l'Iran.
Enfin, la Russie a envoyé 75 véhicules divers en Syrie pour aider à transporter l'arsenal chimique qui doit être détruit, a annoncé le ministre russe de la Défense, Sergueï Choigou.
(Sources : agences)


VOUS IREZ... LES PIEDS AVANT LES MAINS... SI TEL EST LA VOLONTÉ MASTODONTO-OURSIENNE !
13 h 38, le 24 décembre 2013