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Moyen Orient et Monde - Contestation

L’UE suspend les négociations avec l’Ukraine

L'opposition organise une manifestation monstre à Kiev et appelle à de nouveaux rassemblements demain.

Entre 200 000 et 300 000 personnes ont défilé hier place de l’Indépendance à Kiev. Genya Savilov/AFP

L'Union européenne a annoncé hier la suspension des travaux en vue d'un accord d'association avec l'Ukraine, exaspérée par les atermoiements de son président, selon le commissaire européen à l'Élargissement Stefan Fuele sur Twitter. « Ukraine : le fossé se creuse entre les paroles et les actes du président et du gouvernement concernant l'accord d'association », a-t-il poursuivi.
Réagissant à ces déclarations, le Premier ministre ukrainien Mykola Azarov a assuré via son porte-parole que le gouvernement avait « l'intention de poursuivre les négociations avec l'UE sur l'accord d'association » et ne considérait pas le tweet de M. Fuele comme la position officielle du bloc européen. Linas Linkevicius, le ministre lituanien des Affaires étrangères, qui assure la présidence tournante de l'UE, a précisé dans la journée que l'UE voulait des « clarifications de la part de l'Ukraine dont le président a dit que l'accord portait atteinte aux intérêts nationaux du pays ».
M. Ianoukovitch a en effet estimé vendredi au cours d'une table ronde avec l'opposition que les préparatifs en vue de l'accord d'association avaient été faits « non seulement très mal, mais en violant les intérêts nationaux du pays », et que les personnes chargées des négociations seraient « écartées, voire démises de leurs fonctions ». Le ministre suédois des Affaires étrangères Carl Bildt, un ardent défenseur du rapprochement entre l'Ukraine et l'UE, a pour sa part souligné, aussi sur Twitter, que l'accord d'association, dans sa version originale, était toujours sur la table. « La porte est grande ouverte à l'Ukraine pour signer un accord d'association et de libre-échange avec l'UE », a-t-il écrit.

« L'Amérique est avec vous »
Pendant ce temps, à Kiev, devant une immense foule de manifestants qui se pressait sur Maïdan – l'autre nom de la place de l'Indépendance – et s'étendait également le long du boulevard Khrechtchatik, le sénateur américain McCain a lancé : « L'Amérique est avec vous ! » et salué en ukrainien les protestataires. Plus tôt dans la journée, il avait discuté avec Evguenia Timochenko, la fille de l'opposante emprisonnée et ex-Première ministre Ioulia Timochenko, de la possibilité d'infliger des sanctions aux responsables du régime de Viktor Ianoukovitch – une possibilité évoquée cette semaine par Washington après la répression policière contre les manifestants.
Les manifestants ont, quant à eux, adopté une résolution visant à « interdire au président Viktor Ianoukovitch », qui doit se rendre à Moscou demain, une visite très redoutée par l'opposition, de signer des accords en vue d'adhérer à l'Union douanière mise en place sous l'égide de la Russie. « L'Union douanière est un projet géopolitique de Moscou dont le but est de rétablir l'empire (soviétique) qui s'est effondré en 1991 », selon ce texte lu devant la foule d'environ 200 000 à 300 000 personnes par l'ex-ministre ukrainien des Affaires étrangères Boris Tarassiouk, lequel a appelé à une nouvelle grande manifestation demain soir au moment où le chef de l'État sera à Moscou. Jeudi, le président russe Vladimir Poutine, accusé par les Européens de pressions sur Kiev, avait vanté les « intérêts économiques réels » d'une entrée de l'Ukraine, en récession et au bord de la faillite, dans l'Union douanière. Selon les experts, Kiev pourrait rapidement obtenir une baisse des prix du gaz, voire un crédit.
Désireux de contre-attaquer, le pouvoir a aussi organisé un rassemblement hier, qui a réuni quelques 5 000 personnes au parc Mariinski, a constaté un journaliste de l'AFP. La police a évalué leur nombre à 15 000. « J'aime bien Poutine. Notre peuple n'a pas besoin de libéraux, il lui faut un dirigeant à poigne », a déclaré Galina Beresneva, une retraitée de Kiev.
(Sources : agences)

L'Union européenne a annoncé hier la suspension des travaux en vue d'un accord d'association avec l'Ukraine, exaspérée par les atermoiements de son président, selon le commissaire européen à l'Élargissement Stefan Fuele sur Twitter. « Ukraine : le fossé se creuse entre les paroles et les actes du président et du gouvernement concernant l'accord d'association », a-t-il poursuivi.Réagissant à ces déclarations, le Premier ministre ukrainien Mykola Azarov a assuré via son porte-parole que le gouvernement avait « l'intention de poursuivre les négociations avec l'UE sur l'accord d'association » et ne considérait pas le tweet de M. Fuele comme la position officielle du bloc européen. Linas Linkevicius, le ministre lituanien des Affaires étrangères, qui assure la présidence tournante de l'UE, a précisé dans la...
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