Au centre de la photo, le président ukrainien Viktor Ianoukovitch entouré de ses trois prédécesseurs à la tête de l’État Viktor Iouchtchenko, Léonid Kravtchouk et Léonid Koutchma (de gauche à droite). Ukrainian Presidential Press Service/Andrei Mosienko/AFP
Après une nuit marquée par des heurts dans le centre de Kiev, le président ukrainien Viktor Ianoukovitch a reçu ses trois prédécesseurs à la tête de l'État dans ce qu'il a présenté comme un premier pas en vue de pourparlers avec l'opposition. « Les appels à la révolution constituent une menace à la sécurité nationale », a martelé le président au cours d'une rencontre, dans une ambiance feutrée, avec Léonid Kravtchouk, Léonid Koutchma et Viktor Iouchtchenko.
Dans un geste en direction des manifestants, il a annoncé avoir demandé la mise en liberté de certains d'entre eux arrêtés après des accrochages avec les forces de l'ordre le 1er décembre et affirmé que son gouvernement continuait de négocier un accord d'association avec l'Union européenne. Une délégation dirigée par le premier vice-Premier ministre Serguiï Arbouzov doit se rendre dès aujourd'hui à Bruxelles pour y discuter du partenariat économique que la direction ukrainienne avait refusé d'approuver fin novembre, y préférant un rapprochement avec Moscou et provoquant ainsi la plus forte mobilisation de l'opposition depuis la « Révolution orange » de 2004. Il a dit espérer un accord avec l'UE « avant mars », tout en estimant que cela dépendait « aussi de la Commission européenne ».
Mais M. Ianoukovitch est resté ferme face aux manifestants, qui réclament depuis plus de deux semaines sur la place de l'Indépendance dans la capitale ukrainienne un nouveau pouvoir. La nuit de lundi à mardi a été marquée par de nouveaux heurts entre les manifestants et la police qui enlevait les barricades installées dans le quartier gouvernemental pour bloquer le fonctionnement de la présidence et des services du Premier ministre. Selon le parti d'opposition Svoboda, dix manifestants ont été blessés par les forces antiémeute qui ont fait usage de leurs matraques.
Forte surveillance policière
Dans cette atmosphère tendue, Catherine Ashton, qui dirige la diplomatie européenne, est arrivée à Kiev pour y rencontrer le président, puis, dans la soirée, des représentants de l'opposition. L'UE a souligné qu'il ne s'agissait pas d'une « médiation officielle », une telle tâche revenant aux « forces politiques ukrainiennes ». Avant son départ pour Kiev, la représentante de la diplomatie de l'UE a dit redouter que la pression accrue des forces de l'ordre sur l'opposition, qui occupe la place centrale de Kiev depuis plus de deux semaines, ne fasse « dérailler » le processus de recherche d'une sortie de crise.
Dans une démarche similaire, la secrétaire d'État adjointe aux Affaires européennes et asiatiques, Victoria Nuland, devait elle aussi rencontrer M. Ianoukovitch hier. La diplomate américaine rentre d'une visite à Moscou au cours de laquelle elle a appelé la Russie à user de son influence pour aider à trouver une issue à la crise.
Dans la capitale, le quartier gouvernemental est désormais totalement vidé des barrages de l'opposition, dont les manifestants ont été repoussés sur la place de l'Indépendance et une partie du boulevard Krechtchatik voisin, sous forte surveillance policière. Plusieurs centaines de manifestants restaient hier regroupés sur la place de l'Indépendance par des températures tombées à moins sept degrés.
Comme la veille, la police a fermé les stations de métro desservant la place de l'Indépendance, officiellement à la suite d'une alerte à la bombe.
(Source : AFP)


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