Photo Brendan Smialowski/AFP C’est dans une atmosphère d’unanimité que le monde et une centaine de dirigeants ont fait l’éloge hier de Nelson Mandela au stade de Soccer City à Soweto. Les admirateurs de « Madiba » avaient commencé à y affluer dès sept heures du matin, dansant et reprenant en chœur des chants hérités des années de lutte contre l’apartheid.
« Géant de l'histoire », « icône mondiale », « un des plus grands leaders de notre temps » : les superlatifs sont tombés presque aussi dru que la pluie hier lors de l'hommage officiel à Nelson Mandela à Soweto, où Barack Obama a fait figure de vedette en s'en prenant aux leaders des régimes autoritaires.
« Il est difficile de faire l'éloge d'un homme... encore plus difficile de faire celle d'un géant de l'histoire, qui a conduit une nation vers la justice », a déclaré le président américain acclamé par la foule. Répétant son admiration pour celui « qui a montré le pouvoir de l'action », Barack Obama n'a pas hésité à dénoncer une certaine hypocrisie dans les louanges qui s'élèvent du monde entier depuis l'annonce de sa mort, jeudi dernier. « Il y a trop de dirigeants qui se disent solidaires du combat de Mandela pour la liberté mais ne tolèrent pas l'opposition de leur propre peuple », a-t-il tonné devant un parterre sans précédent d'une centaine de chefs d'État et de gouvernement.
En marge de l'hommage à Mandela, apôtre de la réconciliation, M. Obama a provoqué la surprise en serrant la main de son homologue cubain Raul Castro. Selon l'un des ses conseillers, il a pris cette initiative, non programmée, pour montrer une nouvelle fois sa volonté de briser la glace, alors que les deux pays sont en froid depuis le début des années 1960. Les médias officiels cubains ont immédiatement salué un geste d'espoir.
Barack Obama a aussi dressé un parallèle entre le « triomphe » de Nelson Mandela contre le régime d'apartheid et la lutte pour les droits civiques aux États-Unis. « Michelle et moi sommes les bénéficiaires de cette lutte », a-t-il affirmé, comparant Mandela à ses héros personnels, dont les pères fondateurs américains et le président assassiné Abraham Lincoln qui avait libéré les esclaves noirs.
Atmosphère de fête
La cérémonie d'hommage a pris fin après quatre heures de discours officiels qui ont parfois semblé en décalage avec la volonté manifeste du public de célébrer Nelson Mandela de manière festive. Dès sept heures du matin en effet, les premiers admirateurs de Mandela étaient arrivés dans le stade de Soccer City, dansant et reprenant en chœur des chants hérités des années de lutte contre l'apartheid. « Quand on entend cette clameur, quand on voit l'atmosphère de fête qui règne ici, il devient évident que les Sud-Africains veulent dire au revoir à ce grand homme, mais aussi célébrer sa vie et son héritage », avait alors commenté le Premier ministre David Cameron.
« L'Afrique du Sud a perdu un père. Le monde a perdu un ami cher et un mentor », a lancé pour sa part le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon dans son éloge funèbre. « Regardez ce stade : nous voyons des dirigeants qui représentent de nombreuses opinions et des gens de toutes les classes sociales. Ils sont tous là unis », a-t-il ajouté. Keffiehs, fez, boubous, costumes sombres, soutanes... Les rangs des hôtes officiels reflétaient en effet l'universalité du prestige de Nelson Mandela. « Je suis sûr que Mandela doit sourire là-haut » en regardant cette assemblée, a renchéri le porte-parole de la famille, le général Thanduxolo Mandela. Il y a « des forts et des faibles, des riches et des pauvres, des puissants et des gens ordinaires », a-t-il noté.
Le président sud-africain Jacob Zuma, un peu chahuté par la foule, a promis en conclusion de poursuivre le travail engagé par Nelson Mandela. « En son honneur, nous nous engageons à continuer de construire une nation basée sur les valeurs démocratiques (...), débarrassée de la pauvreté, de la faim et ne comptant pas de sans-abris (...) Repose en paix, notre père et notre héros », a-t-il ajouté, recueillant finalement des applaudissements.
À partir d'aujourd'hui, la dépouille du héros national sera exposée pendant trois jours au siège du gouvernement à Pretoria, des processions étant prévues chaque matin dans les rues de la capitale. Elle sera transférée samedi vers le petit village de Qunu, dans le sud-est rural du pays, la terre des ancêtres xhosas de Mandela. C'est là qu'il sera enterré dimanche aux côtés de ses parents et de trois de ses enfants, lors d'une cérémonie traditionnelle, mêlant le culte chrétien et le rite xhosa.
(Source : AFP)


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Lui qui avait un sens de l'humour décapant doit se bidonner...le Moïse du monde maintenant...il doit rire, mais rire...pour l'éternité.
13 h 00, le 11 décembre 2013