La Turquie a enregistré une forte croissance de 4,4 % sur un an au troisième trimestre, supérieure de 0,4 % aux attentes des analystes, a annoncé hier l'institut turc de la statistique (TUIK).
Sur les neuf premiers mois de 2013, l'économie turque a crû de 4 %, un taux « conforme » aux prévisions du gouvernement, s'est réjoui le vice-Premier ministre en charge de l'Économie, Ali Babacan, dans un communiqué.
Pour l'ensemble de l'année, le gouvernement table sur une croissance de 3,6 %.
Sa prévision est de 4 % pour 2014, loin du pic de 8,9 % enregistré en 2010.
À l'image de nombre d'économies émergentes, la Turquie est fragilisée depuis cet été par la perspective d'un changement de politique monétaire aux États-Unis, qui doit se concrétiser prochainement par un début de retrait progressif des aides massives consenties par la Fed à la première économie mondiale.
La livre turque a ainsi chuté de 13 % par rapport au dollar depuis l'été dernier.
L'économie turque est également mise en difficulté par le ralentissement de ses exportations, qui pèse lourdement sur son déficit courant, selon plusieurs analystes.
Gokce Celik, économiste à la Finansbank à Istanbul, a ainsi estimé hier que ce facteur constituait « le principal risque pour la croissance turque l'an prochain », qui ne devrait, selon ses prévisions, pas dépasser 3,7 %.
« Si l'on regarde plus avant, compte tenu des faiblesses extérieures du pays et les risques générés par le récent boom sur le crédit, nous pensons que la croissance devrait être plus volatile et plus faible que prévu pendant la prochaine année », a également jugé William Jackson, de Capital Economics à Londres.
Le gouvernement turc a balayé hier ces commentaires d'un revers de main. Son ministre de l'Économie, Mehmet Simsek, a jugé devant le Parlement que l'économie du pays « s'est bien comportée compte tenu de la conjecture mondiale et des restrictions imposées aux conditions de financements ».
(Source : AFP)

