Les dirigeants palestiniens ont récusé hier l'idée d'un nouvel accord intérimaire et du maintien d'une présence militaire israélienne sur leur territoire, envisagés par l'administration américaine, exigeant une souveraineté complète après la conclusion d'un accord de paix. « Il n'y aura aucun accord sans les prisonniers, Jérusalem et les questions de statut final », a affirmé Nabil Abou Roudeina, porte-parole du président palestinien Mahmoud Abbas, dans une déclaration publiée par l'agence WAFA.
Dans les propositions du secrétaire d'État américain John Kerry, « il est question d'un accord-cadre, d'un accord général », a indiqué Yasser Abed Rabbo, secrétaire général du Comité exécutif de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP). « Qui a dit que nous voulions un accord-cadre ? Nous voulons l'indépendance complète et résoudre toutes les questions de statut final, en vertu des accords et du droit international », a-t-il souligné, rappelant que M. Kerry s'était engagé au lancement des négociations à rechercher un accord global et non plus intérimaire. Il a également dénoncé les idées présentées la semaine dernière par M. Kerry sur les mesures de sécurité aux frontières d'un futur État palestinien avec la Jordanie. « Ces idées vont mener les efforts de Kerry dans l'impasse et à l'échec total », a renchéri M. Abed Rabbo, l'accusant de vouloir « par ses propositions amadouer Israël en agréant à ses exigences d'expansion de la colonisation, sous le prétexte de la sécurité d'Israël, en plaçant la vallée du Jourdain sous contrôle israélien ».
Le président américain Barack Obama a prévenu samedi que les Palestiniens devraient accepter une « période de transition » après la signature d'un accord de paix, précisant « qu'ils ne pourraient pas obtenir tout ce qu'ils veulent dès le premier jour ». Le quotidien israélien Maariv souligne que la formule américaine prévoit le maintien de l'armée israélienne sur le Jourdain pendant un nombre indéterminé d'années, avec une réduction progressive si la situation reste stable.
Le même journal rapporte que les services de M. Kerry ont informé les négociateurs palestiniens du report d'un mois de la libération du prochain contingent de prisonniers par Israël, perçu comme un moyen de pression pour les amener à accepter les arrangements proposés dans la vallée du Jourdain. « Nous refusons catégoriquement tout report de la libération du troisième groupe de prisonniers, prévue le 29 de ce mois », a dit le négociateur palestinien Saëb Erakat de Washington, où il doit rencontrer M. Kerry. « Le président Mahmoud Abbas refuse le chantage politique sur le report de la libération du troisième groupe de prisonniers », a déclaré pour sa part le ministre palestinien des Prisonniers, Issa Qaraqaë.
L'éditorialiste du quotidien israélien Yediot Aharonot considère que les propositions de sécurité américaines, en répondant aux objections israéliennes, forcent en réalité M. Netanyahu à abattre ses cartes. Ce plan « prive Netanyahu de l'argument qu'il a invoqué à chaque fois qu'il lui a été demandé de discuter du tracé de la future frontière », explique-t-il, prévenant qu'il risque de rouvrir le débat en Israël sur les frontières, menaçant la cohésion de son gouvernement.
(Source : AFP)

