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Culture - Vient De Paraître

« Tasses de café » d’Émile Noujaim : atmosphère du Liban d’hier...

Douze petites histoires purement libanaises narrant des tranches de vie, peignant des épisodes du quotidien rural ou citadin d'antan. Et dont la lecture distille des volutes de nostalgie au doux arôme d'un café à la cardamome !

Les nouvelles d'Émile Noujaim, rassemblées dans un recueil intitulé Tasses de café. Nouveaux contes du vieux Liban (éditions Dar an-Nahar), ont quelque chose du ton disert et affable d'une conversation de sobhié. Ces réunions (désuètes) de dames autour d'un café (turc) pour deviser de choses et d'autres : une personne perdue de vue, un événement survenu dans la vie d'une autre, des souvenirs communs... De petites histoires du quotidien généralement anecdotiques, d'autres fois plus graves, parfois aussi totalement anodines... Mais qui, additionnées les unes aux autres, livrent une sorte de portrait impressionniste de la vie libanaise d'avant-guerre. D'avant la fin de la guerre plus précisément. Car les petits récits d'Émile Noujaim déroulent leurs épisodes depuis les années du mandat français jusqu'à celles dites des « événements ». Avant le grand tournant de la reconstruction qui changera le visage urbain et social du pays du Cèdre et fera de la galerie de personnages qu'il croque allègrement des vestiges du vieux Liban.

Wardé, Saber et les autres...
À l'instar de cet étrange Saber, artiste-ermite-séducteur de Baalbeck qui disparaîtra sans crier gare un beau jour de sa grotte en même temps qu'une jolie jeune femme française, laissant grandes ouvertes les portes de toutes les suppositions et de tous les racontars... Ou encore cette émouvante Wardé, vieille fille victime des railleries de tout Zahlé, qui voit ses espérances enfin accomplies lorsque le destin met sur sa route un caporal de l'armée française avec lequel elle se fiancera, avant que ce même destin ne reculbute à nouveau...
C'est avec un réalisme nimbé de bienveillance, un zeste d'humour et une pertinente précision du détail qu'Émile Noujaim dépeint aussi bien les coutumes rurales des paysans et des grands propriétaires terriens de la Békaa que la vie citadine de la bourgeoisie commerçante, les rapports de séduction feutrée entre maîtres et jolies jeunes domestiques, jusqu'aux relations de voisinage qui, même sous les feux des bombardements, garderont cette coexistence aimable aujourd'hui disparue !
Écrites et publiées – pour certaines dans des revues et quotidiens libanais – en arabe en1987, ces nouvelles ont été traduites en français, sans que cela ne leur fasse perdre leurs « jus » libanais, par la fille de l'auteur Souraya Noujaim-Le Garrec peu de temps avant la mort d'Émile Noujaim en 2006.
L'auteur, qui a passé son enfance près de Baalbeck, à Douris, dans la plaine de la Békaa, était engagé dans le mouvement réformateur de l'enseignement. Il avait fait de l'éducation et de l'émancipation des femmes une priorité et avait œuvré, tout au long de sa carrière professionnelle, au renouvellement de la langue arabe avec la volonté « d'en éliminer tout ce qui est archaïque ». Fin connaisseur des philosophies orientales et de l'islam, passionné de voyages et d'histoire ancienne, le témoignage qu'il livre à travers ce recueil est celui d'un historien doublé d'un sociologue.

Les nouvelles d'Émile Noujaim, rassemblées dans un recueil intitulé Tasses de café. Nouveaux contes du vieux Liban (éditions Dar an-Nahar), ont quelque chose du ton disert et affable d'une conversation de sobhié. Ces réunions (désuètes) de dames autour d'un café (turc) pour deviser de choses et d'autres : une personne perdue de vue, un événement survenu dans la vie d'une autre, des souvenirs communs... De petites histoires du quotidien généralement anecdotiques, d'autres fois plus graves, parfois aussi totalement anodines... Mais qui, additionnées les unes aux autres, livrent une sorte de portrait impressionniste de la vie libanaise d'avant-guerre. D'avant la fin de la guerre plus précisément. Car les petits récits d'Émile Noujaim déroulent leurs épisodes depuis les années du mandat français jusqu'à celles dites...
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