Rechercher
Rechercher

Moyen Orient et Monde

La lutte contre l’apartheid, le combat d’une vie

L'apartheid, dont Nelson Mandela a contribué à précipiter la chute, était une doctrine visant à imposer à tous les niveaux de la société une stricte ségrégation raciale, qui a durablement marqué l'Afrique du Sud. La politique d'apartheid – littéralement le fait de mettre les choses à part en afrikaans, terme généralement traduit par « développement séparé » – a été systématisée après la victoire du Parti national aux élections de 1948. L'image qui restera est sans doute celle des panneaux réservant aux Blancs restaurants, guichets de poste, toilettes, bancs publics ou plages.


Mais le pays s'était déjà employé à séparer les races depuis que les premiers colons hollandais ont planté une haie d'amandiers pour protéger l'établissement du Cap des indigènes au XVIIe siècle. Les Hottentots ont été obligés de se munir d'un permis spécial pour se déplacer dès 1797, et une ville comme Johannesburg a relégué dès sa fondation en 1886 ses habitants de couleur dans des quartiers périphériques. Gandhi, qui a passé plus de vingt ans en Afrique du Sud, en a fait l'expérience lorsqu'il a été expulsé d'un wagon de 1re classe réservé aux Blancs à son arrivée en 1893. Ignorant la majorité noire du pays, l'Afrique du Sud contemporaine est née « entre Blancs » en 1910, de l'union des maîtres du pays anglais et des Afrikaners (ou Boers), les descendants des colons hollandais.


Des Noirs ont réagi en fondant le Congrès national africain (ANC), le parti dont Nelson Mandela prendra ultérieurement la tête. Mais ils n'ont pu éviter l'adoption de toute une série de lois renforçant la ségrégation dans les années 1910 et 1920. Le processus sera systématisé avec la victoire en 1948 du Parti national, un mouvement ouvertement raciste qui veut protéger les intérêts afrikaners face à un « péril noir » rapidement amalgamé au « péril rouge » (communiste) dans un contexte de guerre froide, ce qui lui vaudra la sympathie de l'Occident alors que le reste de l'Afrique prenait la voie d'une décolonisation souvent socialisante.

 

Jusque dans leur chambre à coucher
L'arsenal mis en place par les nouveaux dirigeants du pays, influencés par l'idéologie nazie, va rapidement affecter tous les Sud-Africains jusque dans leur chambre à coucher. Un premier texte interdit les mariages interraciaux (1949), puis les relations sexuelles entre personnes de races différentes (1950). Le système repose sur une loi dite d'enregistrement de la population (Population Registration Act, 1950), qui étiquette les habitants selon quatre couleurs de peau appelée « races » – Blancs, Indiens, métis et Noirs – déterminant ainsi toute leur existence, de la maternité au cimetière.


Une loi sur l'habitat séparé (Group Areas Act, 1950) institutionnalise la ségrégation spatiale, chaque morceau de ville étant réservé à telle ou telle race. Des quartiers entiers, comme Sophiatown à Johannesburg ou District Six au Cap, ont ainsi été rasés, tandis que les populations de couleur étaient reléguées le plus loin possible dans des « townships », cités dortoirs sans âme. Quelque 3,5 millions de personnes ont ainsi été expulsées de force par l'apartheid, leur quartier ou leur ferme étant attribué aux Blancs. Par ailleurs, les Noirs devaient en permanence porter sur eux un « pass » prouvant qu'ils avaient bien un emploi en zone blanche, et n'avaient droit qu'à une « éducation bantoue » sommaire, jugée suffisante pour les emplois non qualifiés auxquels ils pouvaient prétendre.


Entré dans la lutte armée dans les années 1960, Mandela restera dans l'histoire pour avoir négocié pied à pied avec le gouvernement de l'apartheid une transition pacifique vers une démocratie multiraciale. Et pour avoir épargné à son peuple une guerre civile raciale qui, au début des années 1990, paraissait difficilement évitable. « Je ne doute pas un seul instant que lorsque j'entrerai dans l'éternité, j'aurai le sourire aux lèvres », avait-il dit après son élection à la présidence en 1994, heureux de voir son pays grandir en paix après des décennies de ségrégation raciale.

Pour mémoire
« Ce n'est pas un film seulement sur Mandela, mais aussi sur le pays tout entier »


Mandela « a pu sourire » pour ses 95 ans...

"Lorsque j'entrerai dans l'éternité, j'aurai le sourire aux lèvres"



L'apartheid, dont Nelson Mandela a contribué à précipiter la chute, était une doctrine visant à imposer à tous les niveaux de la société une stricte ségrégation raciale, qui a durablement marqué l'Afrique du Sud. La politique d'apartheid – littéralement le fait de mettre les choses à part en afrikaans, terme généralement traduit par « développement séparé » – a été...

commentaires (0)

Commentaires (0)

Retour en haut